IL Y A 703 ANS JACQUES DE MOLAY ETAIT BRULE VIF A PARIS .

Publié le par Patrick Mathie

 

"L'Ordre souverain des Chevaliers du Temple de Jérusalem fut fondé en 1128 par Hugues de Payns pour assurer la garde des Lieux Saints de Palestine et protéger les routes des pélerinages. Cette force militaire très bien organisée accompagna toutes les Croisades. Amassant de grandes fortunes par leurs pillages des villes conquises, étant exemptés d'impôts, ils devinrent rapidement très riches et furent sollicités bientôt par les différentes cours d'Europe pour des prêts d'argent. 

Au début du quatorzième siècle, le roi de France Philippe IV le Bel, lourd débiteur de l'Ordre, décide de s'attaquer aux Templiers afin de s'approprier leurs richesses. Guillaume de Nogaret, son Garde des Sceaux, est chargé de mener l'enquête et le procès qui doit éliminer l'Ordre des Templiers. 

Le 13 octobre 1307, Jacques de Molay, le grand-maître, et les 140 Chevaliers de la maison-mère sont arrêtés à l'Hôtel du Temple par Guillaume de Nogaret, sous des chefs d'inculpation douteux (profanation de la croix, idolatrie d'une tête de chat, sodomie), tout comme des centaines d'autres Templiers de Province. 

Le procès dure près de sept ans et, un à un, sous les tortures prodiguées par Guillaume de Nogaret, les Chevaliers du Temple finissent par avouer les crimes qu'on leur impute. Sous la pression de Philippe le Bel, le pape Clément V émet le 3 avril 1312 la bulle Ad providam, annonçant la suppression de l'Ordre. 

Le 18 mars 1314, Jacques de Molay, emprisonné depuis octobre 1307 dans la prison du Temple, est conduit devant la cathédrale de Notre-Dame pour entendre le verdict du procès, en compagnie de Geoffroy de Charnay, précepteur de Normandie, de Hugues de Payraud, visiteur général de l'Ordre, et de Geoffroy de Gonneville, Commandeur d'Aquitaine. La sentence des juges est la prison à vie. Mais Jacques de Molay et Geoffroy de Charnay haranguent la foule en disant que leurs aveux ont été volés, que les Templiers n'ont commis aucun crime et sont victimes d'une machination. Les deux hommes sont alors condamnés au bûcher. 

Le lendemain, 19 mars 1314, sur le bûcher dressé sur l'île aux Juifs, en face du Palais de la Cité, Jacques de Molay s'écrie : 

"Pape Clément ! Roi Philippe ! Avant un an, je vous cite à paraître au tribunal de Dieu pour y recevoir votre juste chatîment ! Maudits ! Maudits ! Tous maudits jusqu'à la treizième génération de vos races !"

La malédiction du grand-maître allait s'avérer exact : Clément V meurt le 20 avril 1314 d'étouffement. Philippe le Bel décède dans la nuit du 26 au 27 novembre 1314 d'un ictus cérébral ; ses trois fils mourront dans les 12 années à venir, sans laisser de descendance mâle, mettant ainsi fin à la lignée des Capétiens directs".   REF: vdaucourt.free.fr

Supplice de Jacques de Molay et Geoffroy de Charnay sur l'île aux juifs à Paris
le 18 mars 1314.
miniature dMaître de Virgile provenant des Grandes Chroniques de France, vers 1380 (British Library).
 

Naissance

Jacques de Molay est né dans le village éponyme entre 1242 et 1249. Les ruines de sa  maison natale remaniée sont encore visibles. L'ancien propriétaire des lieux indiquait qu'étant enfant, dans les années cinquante, il avait vu des américains venir se recueillir sur place . Seuls les hommes étaient entrés dans la maison, puis hommes et femmes s'étaient réunis dans le pré voisin pour y faire des incantations....Réminiscence de l'ordre du Temple? mysticisme?...nul ne peut le dire!

Molay

Maison dite " Maison de Jacques de Molay" à Molay 70

 Jacques est le fils aîné d'une famille de petite ou moyenne noblesse. Cette famille, sa jeunesse, son parcours jusqu'à sa réception dans le Temple sont mal connus.

Reproduction du blason de la famille de Molay.

Blason de la famille de Molay

Il est reçu dans l'ordre en 1265 à la commanderie de Beaune par Humbert de Pairaud, qui occupe le poste de « Visiteur de France et d'Angleterre », et en présence d'Amaury de La Roche, maître en France et ami du roi de France Louis IX. Comme le veut la règle, l'aspirant est reçu devant l'ensemble des frères présents, on lui fait lecture de ses devoirs et de ses vœux, puis on lui remet le manteau de l'ordre. Quarante-deux ans plus tard, lors de son procès, il va devoir répondre de l'accusation d'avoir participé à cette occasion à un rituel initiatique scandaleux.

Photo de la petite chapelle de la commanderie de Beaune aujourd'hui.

chapelle de la commanderie de Beaune où Jacques de Molay a été ordonné.

Le Maître de l'Ordre du TEMPLE

Après la mort de Guillaume de Beaujeu, Thibaud Gaudin est élu à la tête de l'ordre. Sa mort précoce au début de l'année 1292 oblige les templiers à une nouvelle élection. L'ordre procède donc comme le veut leur règle à la réunion d'un chapitre à Chypre. Un collège de treize électeurs doit proposer des noms de frères capables d'assumer la fonction. Celle-ci est disputée par Hugues de Pairaud et Jacques de Molay. Ce dernier est élu en avril 1292 grâce au soutien des Comtois et des Bourguignons, assez nombreux sur l'île à cette date.

 

Image illustrative de l'article Jacques de Molay

Blason de Jacques de Molay, grand Maître du Temple.

...En parallèle à la gestion des affaires de l'ordre, il multiplie les rencontres pour obtenir de l'aide en vue de la reconquête de la Terre sainte. Il obtient du royaume de Naples, de l'Aragon et de l'Angleterre le droit, pour les domaines templiers, d'exporter librement vers Chypre les vivres, les armes, les chevaux et l'argent.

À l'automne 1296, après une tournée de trois années, il rentre à Chypre, siège de l'ordre. Il doit contenir les ambitions du roi Henri II d'amoindrir les privilèges et les possessions des templiers sur l'île Ils y sont en effet solidement implantés au point de susciter crainte et convoitise chez Henri : cinq commanderies et quatre châteaux forts auxquels sont rattachés une cinquantaine de domaines ou de villages. Ils y recèlent de nombreuses armes et des tonnes de vivres. En plus de la production agricole, l'ordre pratique le commerce et le négoce, affrète des caraques pour exporter du coton ou du sucre. Il prête de l'argent, se porte garant, aide des familles à récupérer des otages...

L'activité Militaire

...Henri II, Guillaume de Villaret et Jacques de Molay lèvent une flotte en vue d'un raid sur l’Égypte. Les chrétiens, à bord de seize galères et d'une dizaine de petits navires, sont accompagnés d'un émissaire mongol. En juillet 1300, ils pillent Rosette et Alexandrie avant de regagner Chypre. Le butin est considérable et les chrétiens ont envoyé un signe fort à Mahmud Ghazan, démontrant leur détermination à engager le combat projeté. Le chef mongol leur envoie par la suite un message pour les prévenir qu'il a l'intention de lancer bientôt sa campagne et les invite à débarquer en Arménie pour organiser une offensive commune...

Carte de l'offensive franco-mongole de 1300.

L'offensive franco-mongole de 1300-1301 en Terre sainte.

L'arrestation

 ...Le , Jacques de Molay se rend à Paris pour assister aux obsèques de Catherine de Courtenay, épouse de Charles de Valois, frère du roi Philippe le Bel. Il est reçu avec tous les honneurs dus à son rang. Le lendemain, le vendredi 13 octobre, le piège se referme comme prévu et Jacques de Molay et sa suite sont arrêtés, les biens du Temple saisis...

Arrestation des Templiers.

Le Procès

...Dans toute la France, des inquisiteurs interrogent et torturent plus de 138 templiers. Philippe le Bel triomphe, car nombreux sont ceux qui passent aux aveux et ils sont extrêmement graves : reniement du Christ, crachats sur la croix et baisers obscènes lors de l'intronisation, sodomie entre frères, idolâtrie.

Jacques de Molay avoue lui aussi une partie des crimes : reniement et crachat lors de son admission en 1265. Les aveux du grand maître sont rendus publics et portent un coup décisif à la réputation du Temple. Les rois d'Angleterre et d'Aragon, au départ hostiles à Philippe, changent d'avis après ces révélations. Le pape, qui veut reprendre la main, leur ordonne de procéder à l'arrestation des frères présents dans leurs États. En Aragon et à Chypre, les templiers refusent de se soumettre et prennent les armes.

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Cachot avec graffitis attribués aux Templiers.

Torture inquisitoriale!

En décembre 1313, le pape nomme une nouvelle commission de trois cardinaux pour juger Jacques de Molay, Hugues de Pairaud, maître de France, Geoffroy de Gonneville, maître d’Aquitaine et de Poitou, et Geoffroy de Charnay, maître de Normandie.

En mars1314, Jacques de Molay et Geoffroy de Charnay reviennent sur leurs aveux et clament leur innocence et celle du Temple. En conséquence, les juges condamnent Pairaud et Gonneville à la prison à vie, Molay et Charnay au bûcher, condamnés comme relaps pour être retombés dans leurs erreurs. Philippe les livre aux flammes le jour même, sur l'île aux JuifsGeoffroi de Paris, clerc royal et présent lors du bûcher, rapporte l'attitude et les dernières paroles du grand maître :

« Le maître, qui vit le feu prêt, s'est dépouillé immédiatement sans peur, et se mit tout nu en sa chemise. Il ne trembla à aucun moment, bien qu'on le tire et bouscule. Ils l'ont pris pour le lier au poteau, et lui, souriant et joyeux, se laisse faire. Ils lui attachent les mains, mais il leur dit : « Seigneurs au moins, laissez-moi joindre un peu mes mains, et vers Dieu faire oraison, Car c'en est le temps et la saison. Je vois ici mon jugement, où mourir me convient librement. Dieu sait qui a tort et a péché, le malheur s'abattra bientôt sur ceux qui nous condamnent à tort. Dieu vengera notre mort. Seigneur sachez que, en vérité, tous ceux qui nous sont contraires par nous auront à souffrir. En cette foi je veux mourir. Voici ma foi, et je vous prie, que devers la Vierge Marie, dont notre Seigneur le Christ fut né, mon visage vous tournerez ». On lui a accordé sa requête. Et la mort le prit si doucement que chacun s'en émerveilla »

— Geoffroi de Paris, Chronique métrique de Philippe le Bel

Geoffroy de Charnay monte sur le bûcher après lui et prend la parole pour faire l'éloge du grand maître, mort en martyr. Un autre chroniqueur, un Florentin affirmant tenir ses informations d'un parent témoin de la scène, rapporte que les ossements des morts sont recueillis dans la nuit par des religieux et mis à l'abri dans des lieux saints.

 

On dit qu'à Molay, certains soirs de pleine lune, on peut voir une longue silhouette blanche qui erre dans les champs: Jacques de Molay hanterait toujours les lieux!

Ref du texte: https://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_de_Molay.

Mise en forme: Patrick Mathie

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