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DECES DE DIANE REGINA BACONNIERE DE SALVERTE, CHÂTELAINE ET COMTESSE DE RAY.

Publié le par Histoires de Villages

Diane de Salverte est décédée subitement à l'hôpital de Vesoul, samedi 22 octobre 2016. Elle était née à Paris le 1er octobre 1934.

Portrait de Diane de Salverte réalisé par Evelyne JOLY.

Diane a été la dernière propriétaire du Château de Ray sur Saône dont elle avait décidé de faire donation au Conseil Départemental de Haute Saône, comme le lui avait suggéré, de son vivant, sa mère Gabrielle de Marmier qui fut Maire de Ray.

Elle avait conservé la jouissance d'une partie de l'aile nord du château, alors que ses nièces Claire et Laure, filles de son frère François, décédé en 2007, gardaient des droits sur une partie de l'aile sud.

Le souci de Gabrielle de Marmier était d'éviter la vente du château, la dispersion des collections et de permettre l'ouverture au public de ce monument riche d'une histoire remontant au XIème siècle. Diane aura réalisé le souhait de sa mère un an et demi avant de décéder.

 

Le village et le château de Ray. Photos Patrick Mathie
Le village et le château de Ray. Photos Patrick Mathie
Le village et le château de Ray. Photos Patrick Mathie
Le village et le château de Ray. Photos Patrick Mathie
Le village et le château de Ray. Photos Patrick Mathie

Le village et le château de Ray. Photos Patrick Mathie

UNE HISTOIRE FAMILIALE RICHE DE 10 SIECLES.

"Ne sommes nous en effet, ici bas, autre chose qu'un anneau de cette longue chaîne qui, à travers les siècles, nous unit au passé ?"

C'est par cette maxime  que  le Comte Hubert de Salverte ouvrait la dédicace  de son ouvrage "Historique du château de Ray sur Saône" à son fils aîné Philippe, publié en 1936.

Il soulignait ainsi la remarquable continuité historique qui avait prévalu lors de la transmission par héritage du château de Ray.

Arbre de succession de la Maison de Ray, établi par le Comte Hubert de Salverte à partir de 1080

Arbre de succession de la Maison de Ray, établi par le Comte Hubert de Salverte à partir de 1080

Le plus emblématique des Sires de Ray fut sans conteste OTHON DE LA ROCHE, Baron de Ray et Duc d'Athènes.

Epoux d'Isabelle de Ray, dernière héritière de la branche aînée des Ray, Il participa à l'organisation de la quatrième croisade en 1201. C'est en 1203 que les 25000 croisés dont 4500 chevaliers embarquèrent au port de Corfou en direction de Constantinople, ville qui fut prise le 12 avril 1204.

Othon de Ray devint alors Duc d'Athènes et de Thèbes. Il fit construire son palais sur l'Acropole d'Athènes et Thèbes devint sa capitale politique et militaire. Il mourut à Ray en 1224

.Blason d'Othon 1er de la Roche, Duché d'Athènes (internet)

Armoiries de la famille de RAY.(internet)

Prise de Constantinople en 1204(internet)

Tour du palais d'Othon de Ray,sur l'Acropole, détruite en 1874(internet)

UN COUPLE MYTHIQUE: ROZE DE RAY et ALEXANDRE DE MARMIER

Il n'est point de château ou de noble famille qui ne perpétue "son" histoire amoureuse à l'instar de celle de Roméo et Juliette .... Pour la famille de Ray ce sera la romance d'Alexandre et Roze...

Lisons le comte Hubert de Salverte:

"...Alexandre de Marmier, baron de Longwy, fils de Jehan de Marmier et de Paule de Pontailler, dame de Seveux, épousa, le 22 février 1609, Roze (Rose) de Ray, fille de Clériadus, baron de Ray et de Claudine Françoise de Beauffremont.

Rose avait épousé Alexandre de Marmier par pure inclination, car la légende veut que son père désirait pour elle un autre mariage; mais le coeur a ses raisons...Rose était follement éprise de son jeune et brillant cousin. Ils correspondaient en secret...Le soir venu, Rose jetait du haut des remparts un jeune poulet, sous l'aile duquel elle dissimulait une missive et ce poulet retouranait à son gîte, porteur de la réponse".

Si l'épisode du poulet ne vous convainc pas, une autre légende a été véhiculée au cours des temps; si l'origine en est la même, le récit est différent: Rose, amoureuse d'Alexandre aurait profité de l'absence de son père parti guerroyer pour échapper à la surveillance de son oncle et, nuitamment, ouvrant la fenêtre de la tour aurait lancé une corde dans le vide et serait descendue jusque dans les douves pour rejoindre ensuite son amoureux. La tour porterait depuis ce temps le nom de "Tour d'amour"

Le comte de Salverte conclut:

" Au bout du parc, devant la tour de guet, isolé sur une terrasse, un vieux tilleul, planté affirme-t-on par Rose pendant ses fiançailles, reste pour nous le témoin de cette heureuse idylle".

Toujours est il que, légendes ou pas le mariage d'Alexandre de Marmier et de Rose de Ray eut bien lieu et qu'il fut couronné par la naissance de trois enfants .

C'est par l'un d'entre eux, Joachim Alexandre de Marmier, que le titre de Baron de Ray put être transmis par le sang à François Philippe II.Ce dernier ayant en lui le sang des Ray par sa grand mère Rose de Ray, le Parlement de Besançon lui attribua la seigneurie de Ray par substitution.

Alexandre et Rose ( livret du Comte de Salverte)

Le tilleul "planté par Rose de Ray" pendant ses fiançailles. Photo Patrick Mathie 2015

Marie Célestine Philippine de Mérode Duchesse de HOLSTEIN, restauratrice du Château.

Tableau représentant  Marie Célestine Philippine de Mérode,duchesse de Holstein en chasseresse.

( Livret Comte de Salverte)

 En Août 1703, Marie Célestine Philippine fit un beau mariage avec Jean Ernest Ferdinand Duc de Holstein et héritier de la cour royale de Norvège. Fénelon lui adressa une longue lettre de félicitations. Elle avait de nombreuses relations dans le monde religieux et fréquentait les cercles littéraires.

Lettre de Fénelon à la duchesse de Holstein. Fenelon homme d'église, théologien et écrivain.
Lettre de Fénelon à la duchesse de Holstein. Fenelon homme d'église, théologien et écrivain.
Lettre de Fénelon à la duchesse de Holstein. Fenelon homme d'église, théologien et écrivain.

Lettre de Fénelon à la duchesse de Holstein. Fenelon homme d'église, théologien et écrivain.

"C'est à la Duchesse de Holstein que nous devons la restauration du château dans son état actuel. Elle se servit des vieilles pierres de l'édifice ruiné pour la reconstruction. De féodal, Ray devint un château Louis XIV très simple, sans aucune ornementation. C'est un grand fer à cheval, flanqué du côté de la rivière de deux hautes tours;l'une de ces tours est romane et date effectivement du Duc d'Athènes. Le principal mérite de la Duchesse de Holstein dans cette restauration est d'avoir su conserver intact ce  qui subsistait de l'ancienne forteresse..."  (Comte de Salverte)

Photo Patrick Mathie 2015

 La "Tour d'amour" médiévale.Photo Patrick Mathie, avril 2016

La "Tour d'amour" médiévale.Photo Patrick Mathie, avril 2016

UNE "FIGURE" DE RAY: GABRIELLE DE MARMIER, COMTESSE DE SALVERTE.

Née le 31 janvier 1911 à Paris, Gabrielle de Salverte est décédée le 16 octobre 1992 à Vesoul.

Mariage de Gabrielle et d'Hubert à Ray ( photo transmise par Alain MEY)

Elle a épousé le Comte Hubert de Salverte le 8 avril 1931.

Elle fut Maire de Ray penant 32 ans de 1955 à mars 1987.

Arrêté du Maire Gabrielle de Salverte portant sur l'interdiction de laver du linge dans les abreuvoirs de la commune et de prélever de l'eau avec des tuyaux. Avril 1955.(ADHS.Photo Patrick Mathie)

Le Maire, Gabrielle de Salverte ( au centre) , remet une médaille à Madame Lambert. Photo prise en 1955 devant le café-restaurant rue Sainte Anne ( actuellement le Tilleul de Ray), transmise par Alain MEY.

Avec son mari Hubert, Gabrielle entreprit pendant des dizaines d'années la restauration du château de ses ancêtres. Leur action commune fut immortalisée par une plaque apposée sur la façade ouest du château.

"Vingt cinq ans de labeur". Photo Evelyne Joly.

La place centrale  de Ray, au carrefour de la rue du Château et de la rue de Vanne, porte aujourd'hui son nom.

                                                          Place Gabrielle de Salverte  

                                                                  Photo blog privé.

Philippe Gabriel duc de MARMIER, baron de Ray 1783-1845

Philippe Gabriel de Marmier se distingua par ses faits d'armes sous Napoléon 1er puis par ses mandats électifs sous la Monarchie constitutionnelle de  Louis Philippe.

Napoléon, voulant réorganiser l'armée après la campagne et la retraite de Russie, décréta la levée de gardes nationales mobiles.

Philippe, bien qu'il n'eut aucune connaissance militaire, sollicita de l'empereur la formation et le commandement de la première légion de Haute Saône. Il mit sa fortune personnelle au service de son pays. Le régiment qu'il leva comptait quatre bataillons de 600 hommes chacun. C'est à Huningue, de décembre 1813 à avril 1814, qu'il se serait distingué en participant à la résistance de la ville assiégée, face à 30 000 soldats autrichiens et bavarois.

 

 

Pendant les 100 jours il fut élu député de Gray. Il devint ensuite général de la première légion de la Garde Nationale de Paris. En 1823 il se fit élire député par le collège des Vosges et de 1831 à 1842 il fut réélu cinq fois par le conseil de Jussey.

Il mourut à Paris en 1845.

Diane Régina Baconnière de Salverte 1934-2016

Faire le portrait de Diane de Salverte ne saurait être mon objectif à ce jour car je ne la connaissais pas suffisamment pour en parler avec une grande compétence.Aussi, à ce stade me contenterai je de faire part des informations en ma possession et de présenter des photos prise par Evelyne Joly qui a participé à l'inventaire du château et qui l'a rencontrée à plusieurs reprises.

Diane était certainement une "terrienne" attachée au terroir local. Elle avait des goûts vestimentaires simples qui ne correspondent pas à l'idée que l'on se fait d'une comtesse. Mais elle avait aussi un caractère bien trempé et rappelait à son interlocuteur la noble lignée que constituaient ses ancêtres, propriétaires successifs du château et dont elle était l'héritière.

Sa tâche fut lourde : il fallait qu'elle entretienne le château, gère les forêts et les terres dont elle avait hérité. Jusqu'en 2012 elle dirigea l'entreprise "Madame Baconnière Comte de Salverte" qui s'occupait de la production de céréales et de gestion de chasse. Avec Claire BACH elle était associée- gérante de "GROUP FORESTIER DE MARMIER"  qui avait en charge la gestion de ses forêts.

Des photos personnelles posées dans sa bibliothèque la montraient en tenue de cavalière, veste rouge, pantalon blanc. . Le dernier cheval qu'elle ait monté et qui vivait une retraite paisible dans le pré proche du parc s'était éteint en 2014 à l'âge de 40 ans. Sa famille possédait les couleurs "bleu et or" d'une casaque sous laquelle ses chevaux participaient à des courses hippiques.

Elle vivait seule dans son château accompagnée par trois employés dévoués...seule? pas tout à fait! Elle était toujours accompagnée par un petit chien, généralement un caniche, qu'elle emmenait partout dans ses déplacements. Très attachée à ses petits compagnons elle les faisait enterrer dans un petit cimetière, non loin du caveau familial des Marmier.

Tous les jours elle se rendait au Foyer Logement de Lavoncourt pour y prendre son repas de midi et le thé à 16h. Elle conduisait encore sa petite voiture bleue dotée de 2 bandes blanches "Gordini".

Elle était disponible pour faire visiter son château  à des touriste et même au Préfet!

Diane de Salverte n'hésitait pas à mettre "la main à la pâte" dans les travaux d'entretien! A plus de 80 ans elle peignait encore les fenêtres de sa demeure!

Le chant  était un de ses plaisirs, elle était membre de la chorale de l'Amicale de Lavoncourt "La clé des champs".

Toutes les photos de ce chapitre sont d'Evelyne Joly

 Avec le décès de Diane de Salverte se ferme la chaîne des sires et des dames de Ray qui ont participé à l'écriture de l'histoire du village, de la Région et de la France.

Le château,grâce au don fait au Conseil départemental, verra son intégrité préservée  conformément au voeu de Gabrielle que sa fille Diane aura réalisé!

Ses obsèques se dérouleront à l'Eglise de Ray le Mercredi 26 octobre à 14h30.

Qu'elle repose en paix à l'ombre de son château qui a traversé les âges .

Patrick MATHIE octobre 2016

Photo Est Republicain.

Photo Est Republicain.

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LA DAME D’ARGILLIERES REÇOIT UNE SINGULIERE VISITE….

Publié le par Histoires de Villages

 

 

 

Catherine Martin, veuve de Monsieur d’Argillières, gère, avec son fils Antoine, les affaires du château en cet hiver 1754.

 

Ce soir- là, il fait froid et le vent fait rage quand se présente à la grille du château un groupe de personnes fort élégantes et dont l’attelage prouve la bonne lignée. Faisant la route de Langres à Gray ils furent surpris par la nuit et le mauvais temps et venaient quérir quelque abri avant de poursuivre leur route.

 

Madame d’Argillières reçoit l’équipage avec courtoisie et l'invite à dîner et  à passer la nuit au château .

Le dîner en compagnie du chevalier Antoine d’Argillières, son fils, est particulièrement chaleureux.

L'un des hôtes impromptus n’est pas n’importe qui. Il s’agit du baron Manderini, ambassadeur extraordinaire de sa majesté très chrétienne auprès du duc de Savoie chargé d’importantes dépêches pour la citadelle de Besançon. C’est un homme courtois, bien élevé, d’une aimable simplicité qui parle des hauts personnages en renom qu’il côtoie quotidiennement. La châtelaine et son fils sont conquis. Ils font bonne chère et servent leurs meilleurs vins, buvant à la santé de sa Majesté Louis le bien aimé (Louis XV).

Au dessert, ils étaient devenus les meilleurs amis du monde. C’est tard dans la soirée qu’ils se séparèrent pour aller dormir.

Dès l’aube le lendemain, la dame et le baron d’Argillières sont réveillés par le pas des chevaux et le fracas des armes devant la grande porte du château. Les archers de la maréchaussée de Langres sont là, à la recherche d’un brigand de haut vol, dont le récit des  méfaits commençait à se répandre dans la province et au-delà.

On court à la chambre de Monsieur de Manderini, elle est vide.

Sur la table, se trouvait un mot de remerciement pour ses hôtes et leur hospitalité et à côté avait été déposé une jolie dentelle d’un assez grand prix en cadeau.

L’hôte avait fui, averti des recherches dont il était l’objet et de l’arrivée prochaine de la maréchaussée.

Il finira cependant par être arrêté à Valence et  sera roué vif et exécuté le 26 mai 1755, il se présente nu en chemise, la corde au col, il porte un écriteau sur lequel il y a écrit en gros caractères "Chef des contrebandiers, criminels de lèse-majesté, assassin, voleurs et perturbateurs du repos public."

 

Vous l’avez reconnu, le visiteur du château d’Argillières n’est autre que le célèbre Mandrin.

 

Evelyne JOLY (2011)

 

Château d'Argillières

QUI ETAIT DONC Louis MANDRIN ?

Robin des bois pour le peuple, bandit à abattre pour les Autorités, Louis Mandrin est à la fin du XVIIIe siècle à la tête d’un réseau de contrebande. Ne s’attaquant qu’aux très impopulaires fermiers généraux, il reçoit le soutien de la population et l’admiration de Voltaire. Arrêté, il est exécuté à Valence le 26 mai 1755. Mort, Louis Mandrin devient une légende consacrée par une chanson « La complainte de Mandrin ». 

C'est à l'occasion de sa sixième campagne que Mandrin et sa troupe traversèrent la Franche Comté en décembre 1754 et passèrent donc par Argillières en Haute Saône....

1 Mandrin s'attaque aux fermiers généraux. 2 Mandrin contrebandier. 3 Exécution de Mandrin
1 Mandrin s'attaque aux fermiers généraux. 2 Mandrin contrebandier. 3 Exécution de Mandrin
1 Mandrin s'attaque aux fermiers généraux. 2 Mandrin contrebandier. 3 Exécution de Mandrin

1 Mandrin s'attaque aux fermiers généraux. 2 Mandrin contrebandier. 3 Exécution de Mandrin

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PASSER SON BAC A RAY SUR SAONE....AUTREFOIS !

Publié le par Histoires de Villages

Les bacheliers d'aujourd'hui ne sont plus concernés par ce moyen de franchissement des cours d'eau qui a existé dans les temps anciens et jusqu'au début du XX° siècle en Haute Saône.

Le bac était généralement un bac à "traille" qui se déplaçait le long d'une corde tendue entre les deux rives d'une rivière. Constitué par une longue barque à fond plat il permettait de transporter non seulement des passagers, mais des attelages, des animaux ou des marchandises.

Le bac de Ray a fonctionné jusqu'à la construction du pont enjambant la Saône au XIX ème siècle. J'ai retrouvé quelques cartes postales présentant les installations des bacs en activité à Vereux et Savoyeux et dans le nord de la Haute Saône.

1 et 2 Principe du bac à traille (1: tiré par un homme,2: tiré par un câble en utilisant la force du courrant).  3,4,5 le bac à Vereux. 6 le bac à Savoyeux. 7 un bac à traille sur la Saône à Jussey.
1 et 2 Principe du bac à traille (1: tiré par un homme,2: tiré par un câble en utilisant la force du courrant).  3,4,5 le bac à Vereux. 6 le bac à Savoyeux. 7 un bac à traille sur la Saône à Jussey.
1 et 2 Principe du bac à traille (1: tiré par un homme,2: tiré par un câble en utilisant la force du courrant).  3,4,5 le bac à Vereux. 6 le bac à Savoyeux. 7 un bac à traille sur la Saône à Jussey.
1 et 2 Principe du bac à traille (1: tiré par un homme,2: tiré par un câble en utilisant la force du courrant).  3,4,5 le bac à Vereux. 6 le bac à Savoyeux. 7 un bac à traille sur la Saône à Jussey.
1 et 2 Principe du bac à traille (1: tiré par un homme,2: tiré par un câble en utilisant la force du courrant).  3,4,5 le bac à Vereux. 6 le bac à Savoyeux. 7 un bac à traille sur la Saône à Jussey.
1 et 2 Principe du bac à traille (1: tiré par un homme,2: tiré par un câble en utilisant la force du courrant).  3,4,5 le bac à Vereux. 6 le bac à Savoyeux. 7 un bac à traille sur la Saône à Jussey.
1 et 2 Principe du bac à traille (1: tiré par un homme,2: tiré par un câble en utilisant la force du courrant).  3,4,5 le bac à Vereux. 6 le bac à Savoyeux. 7 un bac à traille sur la Saône à Jussey.

1 et 2 Principe du bac à traille (1: tiré par un homme,2: tiré par un câble en utilisant la force du courrant). 3,4,5 le bac à Vereux. 6 le bac à Savoyeux. 7 un bac à traille sur la Saône à Jussey.

Les documents concernant le bac de Ray se trouvent aux Archives Départementales 70.

On peut y voir un "Avis au public" concernant "l'amodiation" du Bac après la révolution française. Rédigé par l'Administration et l'Enregistrement du Domaine National", l'an IX  (1800) de la République une et indivisible.

L'exploitant qui obtiendra la concession s'engage à remettre l'ancien bac entièrement en état en remplaçant les planches du fond et les bordages. Ceci laisse à penser que le bac avait été peu entretenu pendant la période troublée des débuts de la Révolution!

 

Concession du Bac de Ray en 1800. ADHS. P.M.

Concession du Bac de Ray en 1800. ADHS. P.M.

Les plans et cadastres napoléoniens indiquent clairement l'emplacement du bac qui se situait au sud du village, à quelques centaines de mètres, au bord de la Saône. Il permettait de rejoindre les villages de Queutrey et de Vellexon.

1et 2 le bac de ray sur le cadastre napoléonien de 1828. 3 et 4 emprise du bac de Ray ( maison de l'Etat) Ponts et Chaussées en 1878
1et 2 le bac de ray sur le cadastre napoléonien de 1828. 3 et 4 emprise du bac de Ray ( maison de l'Etat) Ponts et Chaussées en 1878
1et 2 le bac de ray sur le cadastre napoléonien de 1828. 3 et 4 emprise du bac de Ray ( maison de l'Etat) Ponts et Chaussées en 1878
1et 2 le bac de ray sur le cadastre napoléonien de 1828. 3 et 4 emprise du bac de Ray ( maison de l'Etat) Ponts et Chaussées en 1878

1et 2 le bac de ray sur le cadastre napoléonien de 1828. 3 et 4 emprise du bac de Ray ( maison de l'Etat) Ponts et Chaussées en 1878

à suivre....LA TRAGEDIE DU BAC DE RAY !

"Aujourd'hui (Lundi) quatorze mars mil huit cent cinquante trois la commune de Ray et toutes celles d'alentours ont été mises en émoi par un accident affreux. C'était le jour de la foire de Vellexon; une grande quantité de bétail et plus de 300 personnes de tout âge et de tout sexe se pressaient à l'embarcadère du bac établi sur la Saône à 500 mètres de notre village. Tout à coup un immense cri de détresse vint nous apporter l'annonce d'un malheur. Chargée outre mesure de bestiaux et de gens dont la vive résistance des 3 bateliers n'avait pu vaincre l'impatience, la barque venait de chavirer et de disparaître à quelque  distance de la rive opposée..."

Ces lignes ne sont pas tirées d'un journal local de l'époque, mais du registre des délibérations du conseil municipal de Ray sur Saône. L'intitulé du compte rendu est

" Malheur arrivé au Bac de Ray". 

C'est dire si cet événement a marqué la population pour que le Maire de la commune, le jour même, ait décidé de rédiger officiellement le déroulement de  cette tragédie!

...Car tragédie il y eut bien, puisque 16 personnes dont l'âge variait entre 15 et 61 ans périrent dans le naufrage.

Les foires du XIXème siècle étaient très prisées, elles offraient la possibilité aux villageois d'aller vendre leurs produits ou d'acheter des vêtements ou des produits manufacturés, aux paysans et fermiers de vendre leur bétail, aux artisans et colporteurs ,parfois venus de loin, de faire des affaires. 

A Ray, dès le Moyen Age, les sires de Ray avaient octroyé 5 foires annuelles aux villageois. Ils avaient bien compris que, par ce moyen et l'octroi d'une Charte, le commerce en prospérant sur leurs terres participait à l'enrichissement de leurs sujets et,par là même rendait plus aisée et plus fructueuse la collecte des impôts!

Le récit tente d'expliquer le naufrage: l'impatience des gens, la surcharge de la barque, les mouvements désordonnés des passagers mélangés aux bestiaux sont la cause du chavirage. Les gens possédaient des ceintures alourdies par des pièces de monnaie en métal, en argent ou en or ( les échanges se faisaient en espèces)  qui les auraient entraînés vers le fond... Deux éléments doivent être ajoutés aux explications municipales: 

-  beaucoup ne savaient sans doute pas nager

- la température de l'eau en ce début du mois de mars devait être particulièrement fraîche .

On notera l'éloge fait aux sapeurs pompiers raylois qui, délaissant leur travail et leur salaire, accoururent pour porter assistance aux naufragés et garder les corps déposés dans la grange du passeur, faisant office de chapelle funéraire.

Les 16 victimes étaient originaires de 10 villages saônois et de 2 villages des Vosges:

Aboncourt

Gésincourt

Villers Vaudey

Francourt (2)

Vauconcourt

Tincey

Vannes

Saint Marcel (2)

Chargey les Port (2)

Fleurey les Lavoncourt (2)

Thaon ( Vosges)

Godoncourt ( Vosges)

 

R.I.P.

 

Récit du naufrage.Archives municipales de Ray sur Saône, 1853. ADHS70. P.M.
Récit du naufrage.Archives municipales de Ray sur Saône, 1853. ADHS70. P.M.
Récit du naufrage.Archives municipales de Ray sur Saône, 1853. ADHS70. P.M.

Récit du naufrage.Archives municipales de Ray sur Saône, 1853. ADHS70. P.M.

Cette tragédie a conduit la population et les élus à concevoir le projet de construction d'un pont et d'une nouvelle chaussée permettant d'y accéder. Une souscription locale fut ouverte en 1866 et les plans du pont réalisés en 1876.

LE BAC DE RAY, HIER ET AUJOURD'HUI...en images

Les 3 maisons (Maison Pillot, maison du Passeur, grange réhabilitée) ont été regroupées en un seul domaine privé qui porte aujourd'hui le nom de "Domaine du Bac".
Les 3 maisons (Maison Pillot, maison du Passeur, grange réhabilitée) ont été regroupées en un seul domaine privé qui porte aujourd'hui le nom de "Domaine du Bac".
Les 3 maisons (Maison Pillot, maison du Passeur, grange réhabilitée) ont été regroupées en un seul domaine privé qui porte aujourd'hui le nom de "Domaine du Bac".
Les 3 maisons (Maison Pillot, maison du Passeur, grange réhabilitée) ont été regroupées en un seul domaine privé qui porte aujourd'hui le nom de "Domaine du Bac".
Les 3 maisons (Maison Pillot, maison du Passeur, grange réhabilitée) ont été regroupées en un seul domaine privé qui porte aujourd'hui le nom de "Domaine du Bac".
Les 3 maisons (Maison Pillot, maison du Passeur, grange réhabilitée) ont été regroupées en un seul domaine privé qui porte aujourd'hui le nom de "Domaine du Bac".
Les 3 maisons (Maison Pillot, maison du Passeur, grange réhabilitée) ont été regroupées en un seul domaine privé qui porte aujourd'hui le nom de "Domaine du Bac".
Les 3 maisons (Maison Pillot, maison du Passeur, grange réhabilitée) ont été regroupées en un seul domaine privé qui porte aujourd'hui le nom de "Domaine du Bac".

Les 3 maisons (Maison Pillot, maison du Passeur, grange réhabilitée) ont été regroupées en un seul domaine privé qui porte aujourd'hui le nom de "Domaine du Bac".

Patrick  MATHIE

Octobre 2016

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LES GOULICHES DES MAISONS VILLAGEOISES DANS LA PLAINE DE SAÔNE

Publié le par Histoires de Villages

Merci à Evelyne d’avoir retenu ma proposition de recenser les « Gouliches » dans les villages de la plaine de Saône. 

Je suis intrigué par ces avancées dans la façade, maçonnées, peu larges,  qui comprennent une fenêtre ou un oculus ,  une « gouliche » en pierre qui donnait dans une rigole extérieure et permettait l’évacuation des eaux usées sans mouiller la façade.  On peut penser malgré tout que l'hygiène ne devait être que peu préservée au pied de ce dispositif !...Mais comme les tas de fumier sous les fenêtres étaient monnaie courante dans ces temps anciens les habitants ne devaient pas y prêter trop d'attention!

Plus tard la "gouliche" a été remplacée par un tuyau en plomb, extérieur, reliant l’évier à la canalisation d’égout.  A l’intérieur de cette avancée était placé un évier en pierre dont les bords étaient taillés dans une pierre monolithe en grès (ou d’une autre roche) rectangulaire. Superposées dans l'encadrement de la fenêtre de grossières tablettes en pierre permettaient de ranger les ustensiles de cuisine

Beaucoup de ces constructions des siècles passé (18ème et 19ème) ont été détruites, mais beaucoup aussi ont été préservées même si elles ne remplissent plus leur rôle "domestique" originel.

 

Quelques exemples de  "gouliches" .1 Lavoncourt. 2,3,4 Ray sur Saône.
Quelques exemples de  "gouliches" .1 Lavoncourt. 2,3,4 Ray sur Saône.
Quelques exemples de  "gouliches" .1 Lavoncourt. 2,3,4 Ray sur Saône.
Quelques exemples de  "gouliches" .1 Lavoncourt. 2,3,4 Ray sur Saône.

Quelques exemples de "gouliches" .1 Lavoncourt. 2,3,4 Ray sur Saône.

LE RECENSEMENT DES "GOULICHES"

( pour l'instant nous continuerons à les nommer ainsi, dans l'attente des informations que j'ai sollicitées auprès du CAUE 70).

 

Les Membres de la Section  "Histoire des Villages", les adhérents du "Club photo", les "Amis du Vieux Morey sont invités, s'ils le souhaitent à participer à cette action. Les autres personnes qui désirent contribuer sont également les bienvenues!

Nous pourrions  procéder comme suit, sous la forme d’une

« Fiche de recensement » :

Nom du Village

Adresse: N° et rue de la maison concernée.

Nom des propriétaires (en fonction des possibilités).

1 Photo de l’ensemble de la maison

1 Photo en plan rapproché de la structure «  gouliche »

1 Photo de l’intérieur ( si possible) avec l’évier en pierre…si les propriétaires l’autorisent.

 note sur les  informations recueillies concernant la maison et son histoire. ( si possible)

Coordonnées de l’adhérent ou de la personne qui a procédé au recensement.

Ces « fiches » et les photos me seraient transmises par mail afin que je puisse en assurer l’enregistrement puis la restitution.

 à

Patrick.mathie@orange.fr

Avec mes remerciements je vous adresse mes très cordiales salutations.

 

                                                                                                          Patrick MATHIE

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POURQUOI UN BLOG?

Publié le par Histoires de Villages

POURQUOI UN BLOG ?

Ø  Parce qu’il est important de se souvenir

Ø  Qu’il est important de préserver

Ø  Qu’il est important de partager

Les Amis du Vieux Morey et des environs sont nés il y a 26 ans sous l’impulsion d’André Machurey qui pendant près de 20 ans en a assuré la présidence et la bonne marche.

Les villages autour de la Roche-Morey ont un intéressant patrimoine en partie conservé et qu’il est important de continuer à préserver. Une revue annuelle, des sorties, des conférences ont pour objectif de sensibiliser les habitants de ces villages à leur passé et leurs bâtis anciens.

Les buts des Amis du Vieux Morey rejoignent ceux de la section Histoire des villages de l’Amicale de Lavoncourt créée il y a 10 ans pour initier les curieux à la vie de leurs prédécesseurs dans leur village.

Les plus curieux viennent découvrir aux archives de Vesoul, de Besançon et aux archives diocésaines la vie au quotidien de nos ancêtres, leurs aventures et mésaventures, des anecdotes, méfaits et crimes, tout ce qui fait la petite histoire qui parfois rejoint à la grande Histoire.

Aborder le passé à la fois avec sérieux et dérision est un atout pour attirer de plus en plus de monde à nos conférences. Elles se tiennent dans les villages qui veulent bien nous accueillir, sachant qu’un délai de 6 mois est souvent nécessaire pour faire les recherches, écrire les textes et monter le visuel.

Nous sommes à la disposition des maires intéressés. Nos interventions sont bénévoles mais l’organisation d’un verre de l’amitié permet des échanges fructueux avec les habitants tant en ce qui concerne des compléments d’informations sur l’histoire locale que sur des éléments de patrimoine qu’il est important de mieux connaître.

Des inventaires ont été faits : les linteaux épigraphiés, les croix et calvaires (en partie réalisés) et en cours, sous la responsabilité de Patrick Mathie, : « les gouliches », voir son article pour explications et photos. 

Vous pouvez envoyer des photos, des articles, des commentaires, notre administrateur se chargera de les mettre en forme :

Administrateur : dominique.michel.lefevre@orange.fr

Les administrateurs adjoints peuvent également vous conseiller : jolyevelyne@aol.com et  patrick.mathie@orange.fr

 

Evelyne Joly

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