Samedi 1er Avril, HISTOIRE DES VILLAGES se déplace à Vanne pour de nouvelles Causeries !

Publié le par Patrick Mathie

Samedi 1er Avril, HISTOIRE DES VILLAGES se déplace à Vanne pour de nouvelles Causeries !

La salle des Rencontres se trouve derrière la Mairie de Vanne.

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Retour sur les Causeries à trois voix de Ray sur Saône...

Publié le par Patrick Mathie

Une soixantaine de personnes se sont déplacées dans la nouvelle salle de convivialité de la Mairie de Ray afin d'écouter les 3 causeries consacrées au village .

"Histoires des Villages" les remercie pour leur participation et espère leur avoir transmis un peu du riche passé raylois.

Retour sur les Causeries  à trois voix de Ray sur Saône...
Retour sur les Causeries  à trois voix de Ray sur Saône...
Retour sur les Causeries  à trois voix de Ray sur Saône...
Retour sur les Causeries  à trois voix de Ray sur Saône...
Retour sur les Causeries  à trois voix de Ray sur Saône...

Après l'accueil par le Maire de la commune, Michel ALBIN, Jacques ATTALIN  a évoqué la saga d'Othon de la Roche ,Baron de Ray qui a participé à la quatrième croisade. Il est devenu Duc d'Ahènes et de Thèbes et a fait construire son palais sur l'Acropole, juste à côté des ruines du Parthénon.

Evelyne et André JOLY ont narré la mésaventure de l'épouse d'un De Marmier qui a vu son mariage annulé par la branche principale de la famille après le décès de son mari!

Patrick Mathie a présenté l'histoire des Ecoles de Ray installées tout d'abord en bord de Saône pour celle des garçons et dans la maison des soeurs pour les filles; puis leur implantation définitive, avec séparation stricte des garçons et des filles, dans deux salles de classes contiguës, à l'arrière de la Mairie, ceci en 1911. L'histoire de la Mairie a permis de retracer l'évolution de Ray à travers le temps avec le drame du Bac, la construction du lavoir, le déplacement du cimetière ou encore de la construction du pont sur la Saône...

Rendez vous est pris pour 2018!

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EN TRAMWAY DE LAVONCOURT A MOREY

Publié le par Patrick Mathie

EN TRAMWAY DE LAVONCOURT A MOREY

"Madeleine a très mal dormi pendant cette nuit humide de septembre. Elle n'arrête pas de se tourner et de se retourner dans son lit de fer qui grince à chacun de ses mouvements. Son esprit tout entier est occupé par le tournant que va prendre sa jeune existence: au petit matin elle se lèvera afin de se rendre au pensionnat de Morey où elle est attendue pour y remplir  les fonctions de domestique. Le fait de quitter ses parents et son frère Gaëtan est très perturbant pour cette jeune fille de 16 ans qui, après la fin de sa scolarité, a dû travailler dans la  boucherie charcuterie familiale Marquet, rue de L'Eglise à Lavoncourt. De plus, elle prendra pour la première fois le train tramway qui la conduira à Morey après un changement à Combeaufontaine...que d'émotions !".

Nous sommes le Vendredi 30 septembre 1910.

Le récit qui va suivre met en scène des personnages qui ont existé, mais dont les actions sont fictives.

Au travers du court périple de Madeleine Marquet nous découvrirons en plusieurs épisodes Lavoncourt  à la "belle époque", les chemins de fers vicinaux de Haute Saône et les petits villages traversés, Morey ses vignes et son couvent devenu pensionnat.

Lavoncourt grande rue, la gare de Combeaufontaine, Morey le pensionnat.
Lavoncourt grande rue, la gare de Combeaufontaine, Morey le pensionnat.
Lavoncourt grande rue, la gare de Combeaufontaine, Morey le pensionnat.

Lavoncourt grande rue, la gare de Combeaufontaine, Morey le pensionnat.

 L'année 1910: une catastrophe météorologique!

"L'été 1909 avait été pluvieux. L'automne le fut plus encore: pluies et neiges jusqu'au 31 décembre et redoublant de violence à partir du 9 janvier. Le 20 janvier 1910, la navigation fut interdite aux mariniers. Le lendemain, la Seine dépassa 4 mètres dans la capitale (cote d'alerte: 3,20 mètres) et atteignit le 28 janvier le maximum historique de 8,68 mètres".

A Paris, barques, ponts de fortune et charrettes à bras tentent de rendre possible le déplacement des piétons!
A Paris, barques, ponts de fortune et charrettes à bras tentent de rendre possible le déplacement des piétons!
A Paris, barques, ponts de fortune et charrettes à bras tentent de rendre possible le déplacement des piétons!
A Paris, barques, ponts de fortune et charrettes à bras tentent de rendre possible le déplacement des piétons!

A Paris, barques, ponts de fortune et charrettes à bras tentent de rendre possible le déplacement des piétons!

En Franche Comté aussi les rivières ont gonflé la Saône qui est sortie de son lit sur la totalité de son cours. A Gray les quais disparaissent sous un mètre d'eau et les quartiers de la ville basse sont eux aussi inondés. La rue des Petites Vaites et ses pauvres baraquement de "romanichels" est particulièrement affectée.

Gray... sous la neige  et les eaux.
Gray... sous la neige  et les eaux.
Gray... sous la neige  et les eaux.
Gray... sous la neige  et les eaux.
Gray... sous la neige  et les eaux.
Gray... sous la neige  et les eaux.
Gray... sous la neige  et les eaux.
Gray... sous la neige  et les eaux.
Gray... sous la neige  et les eaux.

Gray... sous la neige et les eaux.

A Lavoncourt, la Gourgeonne en crue a contraint l'entreprise Estienney  à abandonner pour un temps le moulin et à suspendre sa production de planches.

En juillet, une vague de froid s'étend sur la France. En Haute Loire il neige à 1200 mètres d'altitude. Les mois de septembre et octobre sont très pluvieux et de nouvelles inondations sont déplorées.

"... et cette nuit qui n'en finit pas!... Madeleine se demande si elle a bien fait d'accepter la décision de ses parents de lui trouver un emploi loin de chez elle. Elle aurait bien aimé continuer à faire le ménage et préparer les repas alors que ses parents et son frère Gaëtan étaient occupés à la boucherie, jonglant avec les cervelas, les pâtés, le boeuf à braiser, les pieds de cochon et les têtes de veau....Mais il faut gagner un peu d'argent pour contribuer à mettre "du beurre dans les épinards " de la petite famille. Sa soeur Gabrielle, de cinq ans son aînée est partie quelques années auparavant pour se placer comme servante dans une famille bourgeoise de Dijon.

Louis et Julie Marquet

C'est le curé, Amédé FOLEY, originaire de La Chapelle les Luxeuil, voisin de la famille Marquet qui avait suggéré  de solliciter une place de domestique au pensionnat de Morey " Vous savez, avait-il dit à Louis et à Julie, le pensionnat est tenu par des personnes sérieuses et d'excellente moralité... Madeleine pourra s'y rendre en toute confiance et même si le travail n'est pas très bien rémunéré elle bénéficiera  du gîte et du couvert, c'est à prendre aussi en considération!"  Les arguments du curé avaient décidé les parents à explorer cette possibilité.

" Je vais écrire personnellement à la directrice pour lui recommander votre fille" avait dit l'homme d'église. Il avait ajouté:" Je sais que Madeleine était une élève studieuse, vous pourriez aller voir son institutrice, je pense qu'elle pourrait vous rédiger un certificat de bonne conduite d'assiduité et de bons résultats scolaires". Après les salutations d'usage, ajustant son chapeau, il avait quitté la boucherie et s'était plongé dans son vieux bréviaire en dirigeant ses pas vers la cure et l'église.

 

L'institutrice, Angèle NEDE, avait bien entendu rédigé le précieux certificat avec d'autant plus d'empressement qu'elle  avait apprécié, dans sa classe, cette élève attentive et serviable qui ne se mettait jamais en avant  mais n'hésitait pas à aider les plus petits dans leurs devoirs.

 

Madeleine avait parlé de ce projet parental à ses amies: Hélène Marchand dont les parents étaient cafetiers, Antoinette Couby domestique chez Abel Mareine constructeur mécanicien et Marie Ferrand  servante dans la famille du percepteur Charles Ovigneur, originaire de Lille.

Hélène disait qu'il valait mieux être domestique à Morey que fille de cafetier à Lavoncourt! Laver les verres, balayer, servir les pichets de vin et les apéritifs à des clients rustres et parfois grossiers... n'était pas une sinécure. Quant à Antoinette et Marie, l'une avait vanté la bonhomie de son patron et l'autre la bienveillance de ses employeurs. 

Tout avait concouru à ce que Madeleine se fasse à cette idée: devenir domestique...

VIVRE A LAVONCOURT...

Madeleine était née à Lavoncourt le 13 décembre 1894 après son frère Gaëtan employé dans la boucherie familiale et son aînée, Gabrielle.

 

Ses parents s'étaient connus sur le lieu de travail de son père Louis qui, tonnelier de formation, était venu de Côte d'Or pour travailler dans l'entreprise d'Auguste Pourcelot, marchand de vin en gros. La jeune fille de la famille,Julie,n'avait résisté qu'un temps aux avances de ce jeune homme, bien de sa personne, et qui tel le bourguignon moyen roulait les "r" aussi bien que ses tonneaux dans les chais Pourcelot !

Le mariage avait été conclu et célébré le 13 février 1886. Un contrat  avait été signé par devant notaire.

Le frère et témoin de la mariée, Constant Pourcelot, tenait une boutique d'épicerie et de nouveautés et se faisait fort d'honorer toutes les commandes de ses clients

Il avait commandé, par exemple, un couvre nuque pour un sous officier d'artillerie originaire de Lavoncourt, pendant la guerre de14 ...

 

 

Lavoncourt était un petit village "sans histoires" comme on pouvait le lire dans l'Encyclopédie qui tirait ses informations de l'Essai sur Lavoncourt de l'Abbé GOUSSET. Il fut quand même chef lieu de canton sous la Révolution française! Son église offre de remarquables boiseries et tableaux sur bois.

"sans histoires"? pas sûr !...

Le plan de Lavoncourt , sur l'ancienne carte cantonale montre le château médiéval (motte castrale), le château sis à côté de la Mairie, un arbre remarquable dans le bois, les ruines du Couvent des Emigrés* sur la route de Volon, les ruines du vieux  Moulin, de nombreuses croix de carrefours....

* couvent des émigrés: (Après avoir passé de la maison de Vergy dans d'autres familles, notamment à des seigneurs qui portaient le nom de Lavoncourt, la terre de ce village se divisa en trois seigneuries: l'une dite d'Avilley, une autre de Lavoncourt, et la troisième d'Arsoncourt. Celle-ci tirait son nom d'une commanderie de Templiers qui était établie jadis au canton appelé Arsoncourt et à trois kilomètres Ouest de Lavoncourt.

Bien que ce couvent et les granges qui en dépendaient eussent disparu dès la fin du XVIIe siècle, les officiers de la justice seigneuriale de Lavoncourt n'en allèrent pas moins, jusqu'à la révolution de 1789, prononcer sur ce terrain des amendes contre les délits qui y avaient été commis. Carte de Cassini: le "Temple" de Lavoncourt) http://templiers.net/

Le plan d'alignement des rues du XIX ème siècle  indique le nom des principales artères et les principaux bâtiments:

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il s'est passé à Lavoncourt un évènement historique qui a fait l'objet d'une étude remarquable de Philippe Pâris publiée par "l'Amicale de Lavoncourt":

Deux Empereurs à Lavoncourt. Reférence: http://www.lavoncourt.fr/IMG/pdf/Empereurs_Lavoncourt_V45233.pdf.

On y apprend qu'après Waterloo, et après avoir séjourné à Dijon le 4 octobre 1815, le Tsar de Russie Alexandre Ier, l'empereur d'Autriche François Ier et le Prince de Schwarzenberg, victorieux de Napoléon Ier étaient passés par Lavoncourt les 7 et 8 octobre 1815 sur la route de leurs pays respectifs. Ils avaient fait halte au relais de poste et auberge CLERC, devenu aujourd'hui le restaurant " l'Etape"... l'étape des empereurs!

Tsar Alexandre Ier de Russie

Empereur François Ier d'Autriche

Prince de Schwarzenberg, Général autrichien

Au n°741 du cadastre Napoléonien: l'Auberge, relais de poste CLERC.

Au n°42 du plan d'alignement des rues, l'Auberge CLERC avec son avant cour fermée aujourd'hui disparue

Le titre de Maître de poste avait été octroyé à Claude CLERC (1724-1791) sous la forme d'un Brevet du 6 février 1775 signé par le roi Louis XVI. Au moment du passage des empereurs c'était son fils Henry ( 1756-1817) qui détenait ce brevet ( le brevet se transmettait de père en fils).

Une malle poste à étage.

En 1724, le Curé Renotte de Lavoncourt est condamné financièrement par le Roy suite à un héritage.

Un épisode cocasse en 1892 à Lavoncourt: Le Paysan, la Poule et le Capitaine:

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cartes postales anciennes de Lavoncourt.
Cartes postales anciennes de Lavoncourt.
Cartes postales anciennes de Lavoncourt.
Cartes postales anciennes de Lavoncourt.
Cartes postales anciennes de Lavoncourt.
Cartes postales anciennes de Lavoncourt.
Cartes postales anciennes de Lavoncourt.
Cartes postales anciennes de Lavoncourt.
Cartes postales anciennes de Lavoncourt.
Cartes postales anciennes de Lavoncourt.
Cartes postales anciennes de Lavoncourt.
Cartes postales anciennes de Lavoncourt.
Cartes postales anciennes de Lavoncourt.

Cartes postales anciennes de Lavoncourt.

La veille, le père de Madeleine avait fait atteler la charrette de livraison pour transporter sa malle jusqu'à la gare du village et la faire enregistrer en bonne et due forme. Sa mère l'avait remplie d'habits, de chemises, de tabliers soigneusement pliés et y avait ajouté quelques provisions. C'est Louis Loviton, le domestique et commis boucher qui s'était chargé de l'opération d'autant plus volontiers qu'il savait qu'au retour il pourrait faire une courte halte au café de l'Hôtel qui jouxtait la gare pour "s'envoyer" quelques ballons de rouge. Louis était né en 1853 à Molans. Il connaissait bien son travail qu'il avait exercé dans différentes boucheries des environs sans penser à devenir un jour patron. D'un naturel jovial, il s'était lié d'amitié avec plusieurs lavoncourtois et son plus grand plaisir, le dimanche, après la messe était d'aller jouer aux quilles avec  eux, tout en sirotant un verre de ratafia, de vermouth ou de quinquina.

 

 

 

 

 

Gaétan, le frère de Madeleine, était en cours d'apprentissage. Son père espérait bien qu'il allait reprendre la petite entreprise familiale. Il aura une belle réussite  professionnelle  et politique puisqu'il deviendra Maire Radical-socialiste de Lavoncourt dans les années 30 et Président des Anciens Combattants Républicains.

 UN APPRENTI- BOUCHER:

"L'apprenti boucher devait s'acquitter des sales besognes. C'était lui qui lavait le carrelage de la boutique à la serpillière avant d'y semer de la sciure (destinée à éponger les éclaboussures de sang), lui encore qui briquait les gamelles et les couteaux, lui enfin qui sautait sur sa bicyclette, le matin, qui notait sur un calepin les commandes de la clientèle jusqu'à des huit kilomètres à la
ronde, parfois davantage, et qui, toujours à bicyclette, le guidon disparaissant sous les paquets entassés dans le panier d'osier du garde-boue avant, effectuait la même course pour les livraisons du soir. Entre-temps, il avait aidé les commis à préparer les commandes, puis il avait gratté les têtes et les fraises de veau, une tâche fastidieuse qui revenait immanquablement aux novices. Cette façon, l'échaudage, nécessitait une dizaine de bains différents, à haute température, et un rinçage à l'eau froide. C'était le premier travail de boucherie demandé à un débutant. On peut supposer que les autres corvées de nettoyage — le lessivage du carrelage et son saupoudrage au bran de scie n'avaient d'autre but que celui d'inculquer à l'apprenti le souci constant de la propreté, qualité essentielle dont chaque maître boucher devait s 'honorer.

Rude situation pour un petitot de douze ans. Levé dès 4 heures et demie; jamais couché avant 10 heures, car il restait toujours une bricole à préparer pour le lendemain. Et le plus incroyable: un seul jour de repos par an. Le jour du Vendredi saint, évidemment. Le jour où tout honnête chrétien s'interdisait d'avaler la moindre bouchée de viande. Et encore!
l'apprenti ne disposait pas de sa journée entière puisque, à 5 heures du tantôt, il lui fallait rentrer pour soigner l'âne et le cheval avec lesquels le patron accomplissait ses tournées, et aussi les deux ou trois moutons promis à un prochain abattage. En revanche, on attendait que l'arpète endurcisse son caractère avant de l'obliger à participer au sacrifice des animaux".

REF:http://www.histoire-en-questions.fr/metiers/boucher.html

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

série de photos et documents anciens relatifs à la boucherie dans les années 1900

 

...  les cloches de l'église Saint Valentin égrainent cinq coups longs et mesurés qui résonnent dans la nuit noire. Cinq heures, enfin! Il faut se lever. Madeleine cherche à tâtons la boîte d'allumettes sur sa table de chevet. Elle en gratte une et allume la lampe Pigeon qui diffuse une clarté jaunâtre dans la chambre. Elle doit quand même plisser les paupières pendant quelques secondes afin de s'habituer à la lumière. Sa robe de chambre et ses pantoufles enfilées à la hâte, elle ouvre la porte de sa chambre qui grince familièrement à ses oreilles et descend l'escalier.

Dans la cuisine éclairée chichement par une lampe à pétrole fumeuse, ses parents sont déjà attablés devant une bol de café-chicorée. Des tartines de beurre attendent, sagement empilées sur une assiette de faïence. " Alors, Madeleine déjà debout?" lui lance son père d'un air taquin. "Laisse là donc, répond sa mère, tout en posant un baiser sur le front de l'adolescente, ...tu dois bien penser que ce ne doit pas être facile pour elle de quitter la maison!

Oui, ce n'est pas facile pour elle de s'éloigner du giron familial et de se mettre au service des soeurs qui gèrent le pensionnat de Morey. La rentrée des classes se fera le lundi 3 octobre, il faudra qu'elle soit au point après deux jours seulement   de découverte des tâches qui lui seront confiées. Et puis il y a ce voyage en tramway rendu possible par la mise en service de la toute nouvelle ligne Vesoul-Molay qui vient d'avoir lieu quelques jours auparavant. Il faudra changer de train à Combeaufontaine et il n'y aura que deux minutes pour le faire! Heureusement sa mère l'accompagnera...ce qui la rassure un peu! 

Madeleine grignote une tartine et boit quelques gorgées de chicorée avant de faire une rapide toilette à l'eau froide dans la cuvette placée sur l'évier de  pierre.

Pendant qu'elle remonte dans sa chambre pour se vêtir, sa maman dépose quelques victuailles dans un panier d'osier à couvercle dont elle a fait l'acquisition auprès d'un marchand ambulant se fournissant à Fayl-Billot.: quelques saucissons, un pot de fromage de tête, du pâté de foie maison, un jambonneau que son mari a préparé spécialement pour l'occasion, une paire de gendarmes, une petite miche de pain. Des linges blancs immaculés entourent et recouvrent chacun des articles que Madeleine remettra à la Directrice lors de son arrivée à Morey.

"Hé, s'écrie le père qui vient d'atteler, il est presque déjà 6 heures, le train est à 6h35...Il faut se mettre en route!"...

Madeleine sort de sa chambre en trombe et tombe nez à nez avec son frère Gaétan qui vient de se lever. Les yeux bouffis, les cheveux en bataille il remonte une bretelle de son pantalon sur l'épaule . "Tu pars déjà soeurette? lui dit il en baiIllant  ...Je suis en retard, allez à bientôt lui lance-t-elle! Elle plaque un baiser sur la joue de son frère et dévale  les escaliers quatre à quatre... "Bonne chance"  lui lance Gaétan depuis le palier....

Sa mère qui a passé un châle et coiffé son chapeau du dimanche a déjà ouvert la porte qui donne sur la cour, le père a allumé le fanal de la voiture. "Allez montez !"s'impatiente t-il. Madeleine et sa mère grimpent sur l'étroit siège à côté du conducteur. Le fouet claque. La carriole s'enfonce dans la nuit au trot du cheval. Gaétan entend le bruit des roues cerclées de fer qui s'estompe. 

Il ne fait pas chaud mais le baromètre qui a remonté laisse espérer un réchauffement. Ce n'est pas trop tôt car la température de septembre est descendue jusqu'à 4°C !

Un croissant de lune éclaire la route d'une lueur cendrée.

Pour Madeleine c'est le début de l'aventure .

A LA GARE DE LAVONCOURT...

L'attelage a pris la route de Renaucourt. Les sabots ferrés du cheval sonnent sur la route caillouteuse. On a laissé à main droite la motte de l'ancien château féodal. Une large courbe contourne un champ planté de betteraves et passe au pied d'un arbre qui deviendra plus tard "l'arbre des amoureux", un lieu de rendez vous très prisé par les jeunes générations lavoncourtoises. A quelque distance se dessinent la silhouette de la gare et de l'hôtel qui la précède. Des fenêtres sont allumées. Quelques minutes plus tard la charette tourne à gauche dans l'embranchement du chemin de la gare. Des voyageurs sortent de l'hotel ù ils viennent de prendre une collation matinale. Sous l'auvent de la station des employés s'affairent. Des passagers discutent tout en se dirigeant vers le train qui vient d'entrer en gare avec un peu d'avance. Il est 6h18.

La ligne Gray Est/ Jussey Est des Chemins de Fer Vicinaux de Haute Saône.

Déclarée d'intérêt public en 1900  l'ouverture de la ligne  à l'exploitation a eu lieu en 1903. Elle représente un trajet de 60,6 km dont 0,2 km sur la chaussée existante, 11,3 km en accotement et le reste en site propre.

La gare de Lavoncourt se situe au  Point Kilométrique 34.3. Des terrains ont été acquis pour permettre le passage de la voie et l'implantation de la station, à quelques centaines de mètres du village.

(à suivre)

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TROIS CAUSERIES A RAY SUR SAONE 18 MARS 2017

Publié le par Patrick Mathie

La section Histoire des Villages de l'Amicale de Lavoncourt commencera la saison de ses conférences/causeries à Ray sur Saône le Samedi 18 mars à 15 heures dans la  nouvelle salle de convivialité, cour  intérieure de la Mairie . L'Entrée sera libre.

3 causeries au programme:

"Les Héritiers d'Othon de la Roche" par Jacques ATTALIN

"Un mariage annulé à Ray" par Evelyne JOLY

" L'Ecole et la Mairie, autrefois à Ray" par Patrick MATHIE

TROIS CAUSERIES A RAY SUR SAONE  18 MARS 2017
TROIS CAUSERIES A RAY SUR SAONE  18 MARS 2017
TROIS CAUSERIES A RAY SUR SAONE  18 MARS 2017
TROIS CAUSERIES A RAY SUR SAONE  18 MARS 2017
TROIS CAUSERIES A RAY SUR SAONE  18 MARS 2017
TROIS CAUSERIES A RAY SUR SAONE  18 MARS 2017
TROIS CAUSERIES A RAY SUR SAONE  18 MARS 2017
TROIS CAUSERIES A RAY SUR SAONE  18 MARS 2017
TROIS CAUSERIES A RAY SUR SAONE  18 MARS 2017
TROIS CAUSERIES A RAY SUR SAONE  18 MARS 2017
TROIS CAUSERIES A RAY SUR SAONE  18 MARS 2017
TROIS CAUSERIES A RAY SUR SAONE  18 MARS 2017
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TROIS CAUSERIES A RAY SUR SAONE  18 MARS 2017
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TROIS CAUSERIES A RAY SUR SAONE  18 MARS 2017

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