Blog de l"association " Racines et Horizons saônois" qui remplace "les Amis de nos vieux villages haut saônois" à compter du 1er février 2026. L'objectif demeure la valorisation du patrimoine historique des villages de la zone ouest de la Haute Saône. Recherches documentaires, éditions, conférences et sorties sont au programme de adhérents et du public.
...C'est sur ces paroles pleines de noblesse et de sagesse que les visiteurs de Racines et Horizons Saônois ont emboîté le pas de Sylvain de Roche, organisateur de la visite du village médiéval de Montsaugeon, en Haute Marne, aux Marches de la Comté.
Sylvain nous apprend que: " Montsaugeon (Montis Salvionis) se trouve sur un monticule d'une soixantaine de mètres de hauteur à proximité de l'ancienne voie romaine Langres-Lyon. Une ancienne borne miliaire se trouvait sur le tracé. Malheureusement elle a été détruite par les américains en 1945.
A l"époque médiévale, la ville ( 78 habitants de nos jours) était entourée d'une double enceinte avec chemin de ronde. Le palais épiscopal, le pressoir , les lavoirs, des maisons de style renaissance attestent de ce passé moyenâgeux.
Claude de Longwy, évêque de Langres était comte de Montsaugeon en 1531"
Le blason des sires de Montsaugeon était le suivant:
Entraînant les visiteurs "sur ses talons" le guide Sylvain présida ensuite à la découverte des différents sites du village.
Dans les geôles de Louis XI ?!
Midi sonnant au clocher de l'église il était temps de rejoindre les voitures pour se rendre au restaurant "les Trois Provinces", à quelques kilomètres de là, dans la commune de Vaux sous Aubigny.
Le clou du Repas!
Jean Pierre anima un repas -par ailleurs excellent- par deux propos ( excellents eux aussi!) traitant des PHOBIES!
"On dit que la peur est universelle. C’est vrai ! Mais les phobies alors, ce sont des peurs irrationnelles, des craintes excessives, maladives et irraisonnées de certains objets, d’une situation, d’un acte ou d’une idée. Une phobie comme peur ou aversion instinctive peut être obsessionnelle et névrotique rendant la vie très difficile avec son lot d’angoisses ou de réactions physiques .
Peu d’entre nous aiment tomber d’une falaise ou discuter avec une araignée géante, et c’est plutôt sain.
– l’arachnophobie, peur des araignées, est un grand classique comme
– la claustrophobie, peur des espaces clos, ou l’acrophobie , peur des lieux élevés
– ou encore la glossophobie (à ne pas confondre avec la glottophobie !) ou peur de parler en public, qui touche énormément de gens ne sont pas très drôles mais que dire alors de : la nomophobie, la peur de ne pas avoir son téléphone, la géphyrophobie , peur de traverser un pont , la kathisophobie , peur de s’asseoir, la pédiophobie, peur des poupées et par extension des enfants, la scopophobie, peur d’être regardé…et la phobophobie, la peur… d’avoir peur…
On peut sourire de l’ arachibutyrophobie, la peur que le beurre de cacahuète reste collé au palais. Heureusement, elle ne touche que les ressortissants américains blancs originaires du Texas. Vous n’y aviez jamais pensé mais maintenant vous y penserez en mangeant du nougat ou des caramels mous !
C’est ce contraste qui est fascinant : ce qui nous fait sourire de l’extérieur
peut être, pour quelqu’un d’autre, un véritable combat intérieur.
Et au fond…nous avons tous nos petites phobies. On les aime bien, on les entretient, on les cajole, on les conserve dans un coin sombre de notre esprit.
Toi ma p’tite phobie, mon p’tit grain de fantaisie
Toi qui boul’verses, toi qui renverses
Tout ce qui était ma vie.
-Certains ont peur des avions (aerodromophobie), d’autres des ascenseurs (ascensumophobie) ou des clowns (coulrophobie).
-D’autres… ont peur d’envoyer un mail sans le relire 12 fois avant de cliquer, les mêmes qui autrefois n’osaient jamais lâcher la lettre dans la boite des postes sans la retirer pour la vérifier dix fois et je ne parle pas de ceux qui ont toujours peur d’avoir oublié la lumière en fermant la porte !
-Et d’autres encore sont sous l’influence de la communication détournée et amplifiée au bénéfice de certains. Ce fut le cas récemment avec la vaccinophobie et c’est de plus en plus inquiétant avec la gynophobie (peur des femmes) ambiante dans certains milieux masculinistes.
Dans un esprit plus léger, il existe des phobies de choses étonnamment anodines :
– la peur des miroirs, (cataptophobie)
– la peur de la couleur jaune, (xanthophobie)
– ou même la peur des livres. (bibliophobie)
Donc quelque part, il existe peut-être quelqu’un dans ce monde qui a peur…
d’ouvrir un livre jaune devant un miroir !
La liste des phobies anodines, préoccupantes ou parfois alarmantes est extraordinairement étendue et couvre absolument toutes les activités humaines et tous les objets ou toutes les personnes que l’on peut rencontrer.
Les phobies irraisonnées trouvent souvent leur source dans les peurs maladroitement inculquées aux enfants (la peur du loup qui s’appelle la lycanophobie, la peur du cri des chouettes et des hiboux qui est la hululophobie, la peur des forêts, la hylophobie…etc.)
On peut avoir une peur bleue de la poussière, de se mettre au lit, de se lever, de rentrer chez soi, de sortir, d’être regardé, de se marier, de rougir en public, du verre que l’on pourrait casser, de…tout et même cette peur-là, la peur du tout, a reçu un nom, c’est la panatophobie.
Mais attention, derrière l’humour, il y a une réalité :
Pour les personnes concernées, ce n’est pas drôle du tout !
Alors la prochaine fois que quelqu’un vous dit qu’il a une peur étrange…
Ne riez pas trop vite.
Parce que vous…réfléchissez un instant… de quoi avez-vous peur ?
Au moins, ce qui est sûr, c’est que vous ne souffrez pas de logophobie (la peur des mots)."
Jean-Pierre Vienney, juin 2026
La liste des phobies établie par Egide Altenloh est consultable sur le site psyris.be
"En France, pays autoproclamé de la diversité culturelle, il existe une frontière invisible mais tenace: celle de l’accent. On peut changer de région, de métier, parfois même de classe sociale, mais l’accent, lui, voyage avec nous comme une valise qu’on n’arrive jamais tout à fait à fermer.
C’est là que surgit la glottophobie. Le mot est vilain et assez mal adapté. Il est souvent confondu avec une vrai phobie, la peur panique de prendre la parole en public : la glossophobie.
La glottophobie désigne une réalité moins drôle qu’elle n’en a l’air: C’est la discrimination à l’embauche fondée sur la manière de parler le français. Il s’agit d’ailleurs d’un délit qui peut être imputé au recruteur qui refuse un emploi au prétexte que le candidat a un accent !
“Avec votre accent, c’est pas possible”
Cette phrase est passible de trois années de prison et 45 000 € d’amende comme la discrimination raciale, de genre ou de handicap.
Il y a plus d’une centaine d’accents régionaux, accent du Nord, accent corse, accent alsacien, accent suisse, accent belge, accent québecoix. Le Sud chante trop, le Nord râcle, l’Est serait sec, l’Ouest traînerait, et Paris, bien sûr, parlerait «normalement». Normalement c’est quoi normalement ? Comme s’il existait une version neutre, universelle et indiscutable du français, tombée un beau matin de la bouche d’un académicien qui, lui seul évidemment, n’aurait pas d’accent !
Tout le monde sait dans son for intérieur qu’il n’y a que lui-même… qui n’a pas d’accent ! Des accents, il y en a dans toutes les langues, les allemands et les anglais sont très bien pourvus. Georges Bernard Shaw disant : “il est impossible à un Anglais d’ouvrir la bouche san attirer immédiatement la haine ou le mépris d’un autre Anglais”
L’accent régional a ceci de fascinant qu’il dit bien plus que des sons. Il raconte une longue histoire, une terre, une province, une communauté. Un accent, ce sont des repas trop longs, des expressions intraduisibles, des mots qui n’apparaissent jamais dans les dictionnaires mais qui suffisent à faire comprendre tout un monde de partage. Pourtant, au lieu d’y voir une richesse dans la diversité, certains n’y entendent qu’un défaut, un bruit parasite à corriger à coups de “articules’il te plait” et de sourires condescendants.
On a beau dire que la moquerie est affectueuse mais les accents, on les imite, on les grossit, on les caricature souvent et ce sont toujours les mêmes qu’on ridiculise.
Que reproche-t-on vraiment à un accent? De dévier de la norme.
Ah la norme, en matière de langue, elle est rarement linguistique: elle est sociale. Parler «sans accent», c’est souvent parler comme les classes dominantes d’un lieu donnéà un moment donné. Le reste est relégué au rang de folklore, apprécié sur scène ou dans les films, mais prié de rester discret dans les bureaux, les commerces, les médias, les salles de classe ou les amphis.
Il est d’ailleurs frappant de constater que certains accents deviennent «charmants» dès lors qu’ils sont éloignés, étrangers ou portés au féminin. L’accent d’une jeune anglaise sera jugé mignon, exotique, sympathique, quand un accent régional, lui, restera suspect: pas sérieux, pas crédible, pas professionnel.
Contester la glottophobie, ce n’est pas refuser toute taquinerie ou tout sourire. C’est simplement se demander qui rit, et pourquoi. C’est accepter que l’accent ne soit pas un manque à combler, un défaut à corriger mais une différence à écouter.
C’est aussi, parfois, revendiquer fièrement ce qui nous trahit dès que l’on ouvre la bouche, et répondre à la moquerie par un entêtement obstiné mais joyeux:
Oui, je parle comtois et toi, espèce de daubot, c’est quoiqu’tu cause ?
Au fond, les accents régionaux nous rendent un immense service. Ils nous rappellent que la France n’est pas une voix monocorde, mais un chœur, une chorale parfois désaccordée, souvent vibrante, toujours vivante.
Si notre chorale gêne certaines oreilles trop habituées au solo, ce n’est pas l’accent qu’il faut corriger, mais l’écoute."
Jean Pierre Vienney Juin 2026
Pour conclure ce reportage et démontrer que les adhérents ne sont en rien "Moyenâgeophobes" mais au contraire "Moyenâgeophiles" voici la photo qui aurait pu être prise au XVIeme siècle si Claude et Claudine, les géniteurs de Nicéphore (quel prénom!) Nièpce avaient vécu à cette période et si nos aimables compagnes et compagnons eussent été leurs contemporains!
Songeons!
Un merci particulier à: Sylvain Wilhelm ( guide), Evelyne Joly (photographe) Marie Wilhelm (chargée de mission roborative) et Jean Pierre ( conteur)!
Gentes dames et nobles seigneurs: "Si si!... on portait déjà les lunettes de chez Afflelou au XVIeme siècle!"