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Blog de l"association " Racines et Horizons saônois" qui remplace "les Amis de nos vieux villages haut saônois" à compter du 1er février 2026. L'objectif demeure la valorisation du patrimoine historique des villages de la zone ouest de la Haute Saône. Recherches documentaires, éditions, conférences et sorties sont au programme de adhérents et du public.

POUR PASSER DE LA VIGNE AUX GRENOUILLES IL NE FAUT QUE...7 MINUTES!

Pour se rendre du vignoble Cheviet de Bucey les Gy ,au restaurant pédagogique de Frasne le Château il ne faut que sept minutes, nous dit Via Michelin. Sept minutes de trajet et les adhérents de Racines et Horizons Saônois, inscrits à la sortie du 6 mai, ont pu déguster les cuisses de grenouilles après avoir émoustillé leurs papilles avec les vins Cheviet.

Il faisait frais et humide  au pied du coteau  du petit vignoble "témoin" Cheviet, en contrebas de l'église, quand les propriétaires nous on présenté leur domaine. Nous n'avions sous les yeux que quelques dizaines de pieds de vignes plantés de manière traditionnelle avec des piquets d'acacia ( c'est ainsi que l'on plantait au temps de Paul Cheviet et de ses ancêtres, alors que Vincent, son fils, a planté ses 6 hectares en "lyre" c'est à dire avec des supports en Y qui permettent une meilleure absorption de la lumière par le feuillage qui réalise la photosynthèse indispensable au développement des grappes.
 La vigne, en Haute Saône, comprenait près de 20 000 hectares, plus que le Jura. le clergé de Besançon avait encouragé la production viticole à Charcenne et Gy. De nos jours il n'en subsiste qu'une centaine d'hectares cultivés par une dizaine de vignerons.

"Le bailliage d'Amont sous Charles Quint devait apparaître comme une constellation de château superbes sur des collines et autres sites on ne peut plus remarquables et qui plus est bien sûr, couverts de vignes. En remontant la Saône et toutes les petites vallées qui s'y jettent, ce n'étaient que vignobles étendus en multitude sur les coteaux les mieux ensoleillés des plateaux calcaires.

La Haute-Saône du XIXe produisait bon an mal an, sur près de treize mille cinq cents hectares, quatre cents mille hectolitres de vin facilement exportés. Des villages entiers, dans leur type de construction et dans leur environnement, portent les marques de cette culture spécifique si exigeante de la vigne qui, soit dit ici, l'emportait souvent, en occupation des sols, sur le blé. L'histoire, l'économie et les moeurs de nos communautés ont été durablement imprégnées par les traditions qui lui sont liés.

Dans nos villages, où s'exprimaient alors une si profonde et si féconde ferveur religieuse, les communautés vigneronnes les plus puissantes aimaient à se placer sous la protection de Saint Vincent."
                                                                                                                                                         Pascal Magnin

 

Vincent Cheviet, titulaire d'un BTS acquis en Alsace, a repris l'exploitation de son père Paul, décédé en 2025, et qui fut maire de Bucey les Gy et conseiller Général de la Haute Saône. En complément de la viticulture, il se consacre aussi à une exploitation agricole. Son épouse et une personne intérimaire participent à l'entretien des parcelles,aux vendanges et à la vinification.

Vincent et Paul Cheviet

 

 

11h45?, déjà, ...on a sept minutes pour arriver au restau! ....

 

 

 5 minutes pour effectuer le trajet pour ceux qui ont fait la course en tête!

La "faim" justifie les moyens!

 

A l'origine centre de rééducation, les bâtiments  de la rue Saint Joseph accueillaient de jeunes garçons qu'il fallait remettre "dans le droit chemin". Tenu par des soeurs de Ribeauvillé il n'avait pas bonne réputation en raison des méthodes énergiques qui y étaient appliquées et qui n'avaient, avec la pédagogie, que de lointains rapports ! Les gens du villages se plaignaient de recevoir des cailloux ou des insultes lancées par les pré-délinquants.
Les choses ont bien changé depuis le  XIX eme siècle et la structure actuelle se préoccupe de donner à ses pensionnaires une formation intellectuelle, sociale et professionnelle.
Le restaurant d'application fait partie des outils pédagogiques mis à la disposition des apprentissages.

 

 Oncle Jean Pierre est intervenu à l'apéritif!

Les "ismes".

Il y a quelques temps, dans le cadre de mes divagations et élucubrations, je vous ai infligé mes réflexions sur l’âgisme et le jeunisme.

Ça m’a donné l’idée de vous parler des ismes, des mots en isme que la langue française a enfantés en grand nombre. Ils sont nombreux, extrêmement nombreux, depuis un siècle et demi, une sorte d’inflation galopante s’est emparée des esprits et les ismes ne cessent d’envahir le discours.

Un des premiers succès a été celui d’impressionnisme, mot inventé par un peintre et critique d’art peu connu Louis Leroy en 1874, moqueur devant une toile de Monet : Impression au soleil levant qu’il a comparée par dérision à du papier peint !

Louis Leroy a été oublié mais son mot sur Monet a fait fortune et eu tellement de succès que tout le monde de l’art et de la peinture a voulu son isme, à tel point qu’on a écrit (en allemand) un dictionnaire des ismes dans l’art !

Personne ne comprend rien à purisme, plasticisme, dadaïsme, constructivisme, cubisme, futurisme, expressionnisme, fauvisme, dadaïsme, maniérisme, vérisme, symbolisme…

Ensuite toutes les professions, tous les milieux ont voulu leurs ismes comme une preuve d’importance et de sérieux :

La philosophie en a affublé ses adjectifs : hédonisme, essentialisme, historicisme, pluralisme, athéisme, cartésianisme, innéisme, laïcisme, matérialisme, positivisme, relativisme, finalisme.

- ses substantifs : chosisme, encyclopédisme, évolutionnisme, humanisme.

- ses noms propres : aristotélisme, épicurisme, kantisme, platonisme, bergsonisme.

Les religions y ont passé aussi avec : animisme, mysticisme, soufisme, catholicisme, hindouisme, illuminisme, protestantisme, christianisme, occultisme, puritanisme, fétichisme, œcuménisme mais aussi… intégrisme et fondamentalisme.

Les sciences du comportement ont fait leurs choux gras de : activisme, cosmopolitisme, extatisme, ignorantisme, immobilisme, infantilisme, obscurantisme, snobisme, pédantisme, lyrisme.

La politique n’a évidemment pas voulu être en reste avec son absolutisme, bipartisme, colonialisme, collectivisme, bolchevisme, gauchisme, jacobinisme, nationalisme, nazisme, royalisme, socialisme, favoritisme, totalitarisme.

Les hommes politique se sont écriés qu’ils voulaient leur isme, à leur nom ! et on a eu : bonapartisme, césarisme, chiraquisme, gaullisme, maoïsme, léninisme, marxisme, mitterrandisme et même…macronisme.

Une mention spéciale pour lepénisme sur lequel il ne faut jamais appliquer de sinapisme ! Je viens de découvrir, dans la presse d’hier, qu’existe depuis peu… le ciottisme !

La médecine s’est drapée dans ses ismes bien à elle et a évidemment édité un dictionnaire des ismes en médecine où l’on trouve : anévrisme, rhumatisme, daltonisme, traumatisme, autisme, bruxisme (choc des dents) pélagisme (mal de mer) aptyalisme (absence de salive) gâtisme (incontinence=expulsion involontaire de selles et d’urines) sigmatisme (impossibilité à prononcer des S) rhotacisme (impossibilité à prononcer des R) … Et il y a encore :

-Les gentils : secourisme, journalisme, optimisme, gargarisme, alpinisme, hippisme, tourisme, athlétisme, parachutisme…

-Les méchants : éthylisme, tabagisme, banditisme, gangstérisme, proxénétisme, terrorisme…

-Les nouveaux venus, presque tous péjoratifs, véritables machines à disqualifier : islamo-gauchisme, techno-fascisme, masculinisme, féminazisme, hyperprésidentialisme, wokisme qui sont de véritables champs de batailles intellectuels. L’idée devient caricature, le mot finit par condamner la discussion au lieu de l’ouvrir. Un comble et quel gâchis !

-Et enfin ceux que j’aime : euphémisme, hédonisme, dilettantisme, don-quichottisme…

 Mais attention, au jeu des ismes, il y a des règles :

-première règle : on doit prononcer isme et jamais izme. L’académie française s’est fendue d’une recommandation à ce sujet. Elle a aussi déploré l’inflation incontrôlée des ismes alors qu’il est facile de les éviter. Pourquoi dire pélagisme au lieu de mal de mer !

-deuxième règle : les ismes sont tous masculins… même le féminisme !

-troisième règle : les ismes sont internationaux et compris dans toutes les langues. Une sorte d’espéranto ou de volapuk en somme et ils naissent aussi bien en anglais (ism) qu’en allemand (ismus), italien ou espagnol (ismo) qu’en français.

-quatrième règle : le suffixe isme ne veut rien dire, il sert seulement à désigner un concept, une idée, une doctrine, une attitude humaine.

 -cinquième règle : tous les domaines de la pensée se sont fait un point d’honneur à avoir leurs ismes et chacun peut inventer le sien :

Quant à moi, j’ai été tenté d’inventer mon isme: par exemple j’aurais pu créer le saônisme qui qualifierait ceux qui se sont fait une spécialité d’étudier et mettre en valeur le patrimoine et les racines des populations qui occupent la vallée de la Saône ou le franchecomtisme qui s’intéresse aux particularismes linguistiques comtois mais j’ai préféré adhérer à un vaste groupe déjà existant, très vaste, très important et plein d’un avenir très prometteur …le je-m’en-foutisme !

Allez va…commençant à souffrir d’aptyalisme, je m’applique à moi-même le dégagisme et, vous qui évitez toujours soigneusement le grenouillage, vous vous adonnez avec ferveur au grenouillisme.

Je vous souhaite un excellent …appétit !

Mai 2026

Jean-Pierre Vienney

 

Pour  sa deuxième intervention,  entre le fromage et la crème brûlée, sur les injures et jurons, Jean Pierre avait convoqué par la voie des esprits un célèbre Georges qui n'a pas hésité à entonner sa chanson sur les cons. Ah, le Con!

 

Ah, le con !

“Quand il était gamin, c’était vraiment un p’tit con, en grandissant il est dev’nu un jeune con. Quand il a commencé à travailler c’est resté un pauv’con puis quand il a été nommé chef c’était un sale con. Quand j’l’ai connu il était très con. On disait même que c’était le roi des cons. Après, c’est resté un gros con et quand il est mort c’était un vieux con ! Enfin, qu’es ce que tu veux, un vrai con ne deviendra jamais un faucon !”

Bon, vous avez compris, on va parler du con !

L’histoire commence avec Rabelais. En 1532 il écrit son Pantagruel dans lequel il invente pour échapper à la censure, le contrepet qu’il réalise à partir du nom d’une ville de la Sarthe. “A Beaumont-le-Vicomte” devient : “a beau con, le vit monte”. Un peu plus tard, dans la chanson “Allons à Messine” on chante : “Le vit dit au con : tu seras bâtiment, je serai le grand mât que l’on plante dedans”.

En langage traditionnel, dans la langue médiévale, le con est l’orifice vaginal et le vit l’organe mâle. Leur connotation grossière est parfaitement assumée par la société d’alors. On est plus dans la bouffonnerie, la truculence que dans l’injure. Pourquoi et comment passe-t-on à l’insulte ?

Parce que la fonction sexuelle est foncièrement inégalitaire ! C’est un moment de pouvoir et de rapports de domination. Dans la représentation sociale normée que nous nous faisons de l’acte sexuel, le mâle accomplit un acte insertif en pénétrant son ou sa partenaire. Inversement, celui-ci ou celle-ci joue un rôle réceptif au même moment.

Cette norme est à l’évidence hétérosexuelle et elle associe la féminité et l’homosexualité masculine de manière péjorative à la position réceptive.

En découle que les termes de con, d’enculé, et les expressions du type : se faire fourrer, se faire foutre, (le foutre étant l’éjaculat), deviennent des insultes qui visent un adversaire mâle en le considérant comme incapable d’être insertif mais “juste bon” à être réceptif au cours de l’acte sexuel.

Le féminin de con, conne ou conasse est de création relativement récente et la référence au caractère réceptif ou insertif de l’acte sexuel s’éloigne largement pour concentrer l’attention sur la bêtise ou le ridicule. Il reste que insultes, jurons et expressions grossières participent toujours à la socialisation genrée hiérarchique des femmes considérées comme inférieures et subordonnées aux hommes et peut-être pour longtemps encore !

Heureusement, on peut se faire traiter de con, en chanson et certains voudraient, mais rien qu’une heure durant…être beau, beau et con à la foi !

Passons à une autre insulte et parlons cette fois du fils de la pute !

Il semble que cette insulte soit née dans le sud méditerranéen de l’Europe, espace dans lequel la notion d’ascendance et de filiation est très respectée.

En espagnol existe le mot hidalgo qui peut se traduire par gentilhomme et provient de “hijo de algo” (fils de quelque chose) c’est-à-dire d’un possédant. Ce mot s’oppose à hideputa contraction de “hijo de puta” qui correspond à fils de rien ou de personne (hijo de nadie) et même pire, à fils indéterminé de tout le monde (hijo de todos) incluant l’inceste ce qui, évidemment, constitue l’insulte suprême, celle où l’on met en cause l’ascendance contestables à cause du comportement présumé déviant de la mère vénérée.

En patois provençal existe l’expression “fan de puta” qui en marseillais se dit “fan de pute” (enfant de pute) qui a le même sens.

Une remarque sur l’insulte “pédé”

L’insulte “pédé” dérive également progressivement de son sens originel. Elle est issue du terme très vieilli de pédéraste aujourd’hui remplacé par pédophile mais pédé recouvre fréquemment et indistinctement toutes les pratiques homosexuelles. Dans les cours d’écoles, des enfants de 9 ans traitent volontiers leur camarade du même âge de pédé ce qui est à l’évidence, dans leur bouche innocente, un parfait abus de langage !

Avant de terminer, je voudrais préciser que la violence verbale que constitue la pratique de l’insulte est rarement une agression directe, une arme destinée à attaquer et déstabiliser un adversaire en face à face mais qu’elle est plus souvent utilisée de façon sournoise en prenant un tiers à témoin, en l’absence de la victime. Le projet est alors de porter atteinte à la réputation de son adversaire et le langage est souvent hyperbolique, exagérément qualitatif, émaillé de superlatifs et ponctué d’exclamations enflammées dignes du capitaine Haddock.

L’insulte s’oppose en cela à l’injure qui, en empruntant son vocabulaire aux pratiques religieuses tient du blasphème qu’il se plait à frôler et souvent à éviter de justesse (vain diousse ou vain bleu au lieu de vain dieu).

L’insulte est le lieu de l’hyperbole alors que l’injure s’accompagne plus volontiers de l’euphémisme !

Ah zut, quel con…encore un isme.

Et pour terminer, je vous propose de vous lire les paroles de la chanson :

Le temps ne fait rien à l’affaire

(Georges Brassens 1961)

 

… Quand ils sont tout neufs
Qu'ils sortent de l'œuf
Du cocon
Tous les jeunes blancs-becs
Prennent les vieux mecs
Pour des cons.


Quand ils sont d'venus
Des têtes chenues
Des grisons
Tous les vieux fourneaux
Prennent les jeunots
Pour des cons.


Moi, qui balance entre deux âges
J'leur adresse à tous un message :

… Le temps ne fait rien à l'affaire


Quand on est con, on est con
Qu'on ait vingt ans,

qu'on soit grand-père
Quand on est con, on est con.


Entre vous, plus de controverses
Cons caducs ou cons débutants
Petits cons d'la dernière averse
Vieux cons des neiges d'antan

(bis des 2 vers)

 

… Vous, les cons naissants
Les cons innocents
Les jeunes cons
Qui, n'le niez pas
Prenez les papas
Pour des cons.


Vous, les cons âgés
Les cons usagés
Les vieux cons
Qui, confessez-le
Prenez les p'tits bleus
Pour des cons.


Méditez l'impartial message
D'un qui balance entre deux âges

… Le temps ne fait rien à l'affaire


Quand on est con, on est con
Qu'on ait vingt ans,

qu'on soit grand-père
Quand on est con, on est con.


Entre vous, plus de controverses
Cons caducs ou cons débutants
Petits cons d'la dernière averse
Vieux cons des neiges d'antan

(bis des deux derniers vers)
 

Georges BRASSENS :

Il est né le 22 octobre 1921 à Sète et décédé le 29 octobre 1981 juste après son 60ème anniversaire.

Il enregistre la chanson “ Le temps ne fait rien à l’affaire” les 23 et 24 octobre 1961 aux studios Blanqui à Paris alors qu’il vient de fêter son 40ème anniversaire la veille. Il précise dans la chanson “moi qui balance entre deux âges”.

Il a commencé sa carrière de musicien à 20 ans en 1941. Il est exactement, sans le savoir, au milieu de sa vie professionnelle lorsqu’il écrit la chanson.

Le titre et le vers répété deux fois “Le temps ne fait rien à l’affaire” est une référence à la même réplique de la pièce de Molière “le Misanthrope”.

On peut remarquer le jeu de mots : …on est con, qu’on ait vingt ans, qu’on soit grand-père.

Mai 2026

Jean-Pierre Vienney

 

 

Il n'est de bonne compagnie qui ne se quitte!

                                                                                                                            Patrick Mathie 7 mai 2026

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S
Comme d'habitude dans nos rencontres notre petit sejour en terres Gyloise nous à fait passer un super moment de détente avec de bons acteurs, caves et grenouilles quel bonheur ! Les blancs de Bussey sont excellent
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E
merci Patrick, tu as su rendre l'intérêt de cette journée particulièrement intéressante et sympathique.Tonton Jean-Pierre est vraiment un as des racontotes, il a un don pour nous entrainer sur les chemins de ses délires de pensées vagabondes et toi de nous faire partager à la fois le sérieux et la folie. Très belle journée merci aux organisateurs
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