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Blog de l"association " Racines et Horizons saônois" qui remplace "les Amis de nos vieux villages haut saônois" à compter du 1er février 2026. L'objectif demeure la valorisation du patrimoine historique des villages de la zone ouest de la Haute Saône. Recherches documentaires, éditions, conférences et sorties sont au programme de adhérents et du public.

Pierre AlexandreJeannicot, Jean Jules Jeannicot , Jules Janicaud, Guy Janicot...une dynastie de tuiliers à Montureux les Gray.

Une quarantaine d'adhérents de Racines et Horizons se sont retrouvés à l'ancienne tuilerie-briqueterie Janicot de Montureux - Parantigny ( ex Montureux les Gray). C'est jean Michel Pothiat qui avait organisé la sortie en concertation avec Guy Janicot, le dernier fabricant. Guidés par le propriétaire des lieux, les visiteurs ont pu découvrir une tuilerie "dans son jus" avec les machines encore en place et se familiariser avec son fonctionnement lorsqu'elle était en activité. 

Ref:https://www.bourgogne-tourisme.com *

Guy Janicot explique l'utilisation de l'argile. Photo JM Pothiat

 Extrait vidéo JM Pothiat

  Le front de la carrière d'argile. Photo Mongreville PBFC

Les tuileries s'installaient généralement à proximité de la ressource en terre argileuse et ferrugineuse qui était exploitée manuellement.
Historique:
"La tuilerie aurait été établie en 1821 par François Bardet. Elle est achetée en 1831 par Jean-Claude Raclot, et reste dans cette famille jusqu'à son acquisition par Joseph Stanislas Vilatte en 1876. La maison d'habitation est construite avant 1855. La matrice cadastrale signale une "augmentation de construction" achevée en 1880, vraisemblablement l'atelier de façonnage construit en retour d'angle du séchoir. A cette date, l'établissement produit annuellement 150 000 pièces. En 1887, J.-B. Garnier, exploitant de la tuilerie, installe une machine à vapeur de 6 ch pour actionner un malaxeur et une presse, ce qui permet d'atteindre une production annuelle de 400 000 pièces. Un four à chaux est édifié en 1893 au lieu-dit les Breuillets. Il sera supprimé en 1909.
En 1899, Pierre Alexandre Jeannicot rachète la tuilerie au grand séminaire de Besançon, qui en est propriétaire depuis 1892. Elle est ensuite exploitée par son fils Jean-Jules jusqu'en 1944, puis par son petit-fils Jules (devenu Janicot par transcription à l'état-civil), qui poursuivit l'activité jusqu'à la fermeture en 1976. La tuilerie est restée dans son état par la volonté de Guy Janicot, fils de Jules, qui y a travaillé pendant 15 ans. Dans le 3e quart du 20e siècle, la tuilerie fabrique de la brique de cloison (de 3,5 à 18 cm d'épaisseur) et de plafond (cancalon), de la brique de cheminée, pleine ou perforée, et de la tuile plate et mécanique. La carrière d'argile était située à 150 m au sud-ouest de la tuilerie.
La terre était extraite à la pelle et à la pioche pendant l'hiver. A la fin de l'exploitation, une petite excavatrice a été utilisée. Chaque jour, 5 m3 d'argile étaient acheminés à l'atelier à l'aide de wagonnets poussés à la main. La terre était déposée dans une fosse, mouillée le cas échéant, et malaxée au pied. Elle était ensuite chargée à la pelle dans un malaxeur, actionné par un moteur électrique via une transmission par courroies. La terre était ensuite chargée dans un broyeur couplé à une mouleuse-étireuse, pourvue selon les besoins d'un chariot découpeur pour tuiles ou pour briques. Les produits fabriqués séchaient à l'air libre, entre 4 et 15 jours selon l'humidité de l'air, disposés sur 20 wagonnets à plateaux. Leur circulation était assurée par un réseau de voies Decauville de 0,50 m d'écartement.
Après séchage, les matériaux étaient empilés dans un four rectangulaire de type "à ciel ouvert", chauffé au bois. Le chargement et le défournement duraient respectivement 2 journées (de 15 heures chacune). La cuisson des 7000 à 8000 pièces durait 3 jours et 2 nuits, avec un préchauffage de 24 h. La température atteignait 1000 à 1100 °C au bout du troisième jour. Trois jours de refroidissement étaient nécessaires avant le défournement. Chaque cuisson demandait de 35 à 40 stères de bois, pour fournir environ 40 t de pièces.
La production était destinée aux artisans de la région (maçons, plâtriers). Les machines sont actionnées par un moteur à essence vers 1920, puis grâce à l'électricité après la Seconde Guerre mondiale. En 2008, l'appareil de production compte un malaxeur à axe vertical actionné par un moteur électrique Unelec-Jeumont de 15 ch ; un broyeur Dubois (Tours, 37) et une mouleuse-étireuse Brandt (Bèze, 21), du début du 20e siècle, précédemment actionnés par un moteur électrique Millot (Arc-lès-Gray, 70) ; une presse à balancier manuelle utilisée pour le moulage des pièces fabriquées en plus petit nombre (tuiles faîtières) ; un réseau de voies Decauville avec 2 plaques tournantes du fabricant A. Pétolat (Dijon, 21), et tout le matériel afférent (wagonnets à bennes et à plateaux, matrices pour la presse à balancier, filières pour briques et tuiles de la mouleuse-étireuse, etc.). Le four à bois n'est plus en service. "  Ref: Patrimoine de Bourgogne Franche comté

 

En images:
Photos de Jean Michel Pothiat

Guy Janicot, video JM Pothiat

Photos JM Pothiat

Après le photographe Jean Michel, voisi les clichés d'Evelyne:

Photos Evelyne Joly

 1924

1935

L'association "Racines et Horizons saônois" remercie Monsieur Guy Janicot pour son accueil et son partage patrimonial, Jean Michel Pothiat et Evelyne Joly pour leurs reportages photos.

 Patrick Mathie 30.05.2026

*NB: Pourquoi la Franche Comté ne parle-t-elle pas de la Tuilerie ? Montureux et Prantigny se trouve pourtant bien en Haute Saône? donc dans la partie Franche Comté de la nouvelle entité "Bourgogne- Franche Comté" . Décidément la Bourgogne se taille souvent "la part du lion"   (que nous avons paradoxalement sur notre étendard!) est-ce "normal"?

 

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