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Association " Les Amis de nos Vieux Villages Haut Saonois". Recherche et communication sur le Patrimoine des villages de Haute Saône

"Il est revenu le temps du muguet" à Soing, le temps d'une conférence!

En 1959 Francis Lemarque écrivait les paroles d'une chanson sur un air russe "Les nuits de Moscou", nuits et ville dont nous ne parlerons pas dans ces colonnes ("Les nuits de Kiev" serait un titre plus approprié), vu les circonstances internationales!... elle s'appelait :"Le temps du muguet".

"Il est revenu le temps du muguet
Comme un vieil ami retrouvé..."

...tels en étaient les deux premiers vers. Mais là s'arrêtera notre allusion liminaire!

Jean Pierre Vienney, au travers d'images florales et d'une solide documentation, a fait renaître la mémoire d'un ancien maire de Soing qui fut propriétaire du château dans lequel se trouvent aujourd'hui les locaux de la Mairie. Son nom? Jacinthe Muguet de Nanthou!

A sa suite, Patrick Mathie a rappelé l'origine des fontaines de Soing et de Cubry ainsi que l'activité débordante d'un architecte du duché et du comté de Bourgogne: Anatoile Amoudru ( encore un drôle de prénom!)

Didier Laurent  a commenté nombre de cartes et de cartes postales anciennes concernant Charentenay et Soing.

La conférence des Amis s'est déroulée le 3 mars 2022 à la salle d'activités de Soing, mise gracieusement à disposition par son Maire, Didier Pierre.

 

L'église de Soing
La salle d'activités de Soing

 

Le Public s'installe

 

Didier Laurent, lors de son accueil, n'a pas manqué de remercier l'apport conséquent de deux érudits des villages: Madame Yvette GANIFFET et Monsieur Gilbert TRIBILLON.
Didier Laurent

Quand Jean Pierre, avec humour, nous parle de Jacinthe et de Muguet...

Jean Pierre Vienney, par son exposé enjoué, a anticipé l'arrivée du printemps à Soing en faisant renaître, en décembre 2022, un personnage du XVIIIeme siècle: Jacinthe Muguet de Nanthou. 
Ce jeune et beau  gentilhomme à perruque poudrée s'adonnant aux plaisirs musicaux de la flûte traversière en pleine nature, c'est lui Jacinthe Muguet de Nanthou! Il a été "portraituré" par un artiste suisse vivant à Besançon: Melchior Wyrsch que l'on appellait Jean Wyrsch.
Le tableau de Wyrsch. Photo NB. Archives de Besançon
L'épouse, Anne Claude, expose des attraits "plastiques" certains auxquels Jacinthe n'a pu résister, complétés qu'ils étaient par des arguments financiers: ceux d'une famille de maître de forges!
Jean Pierre Vienney au micro et Christine Aubry-Laurent à la technique.

 

Né en 1760 à Besançon  Muguet de Nanthou, pendant la période révolutionnaire, siègera à l'Assemblée Constituante comme représentant du Tiers Etat du Baillage d'Amont ( Haute saône et la partie nord du Doubs)  du 12 avril 1789 au 30 septembre 1791.

 

 

En 1791 Muguet se retire car il pressent que le régime de monarchie constitutionnelle qu'il défendait à Paris, s'éloigne avec la fuite du roi et son arrestation à Varennes. Il s'installe à Gray dont il devient commandant de la garde nationale. Mais chargé de recruter des hommes pour l'Armée du Rhin il refusera cette responsabilité et demandera à être rétrogradé au grade de capitaine. A Paris c'est le régime de la Terreur. En 1792 il démissionne de la Garde Nationale.
 
En 1794 il est emprisonné à Besançon mais pendant une courte durée. 
En 1799 il est élu, à Paris, au Conseil des cinq cents alors que s'installe le régime du Consulat. Il refuse d'y sièger! 
" Les mobiles de sa conduite louvoyante restent énigmatiques...Etait-ce un ambitieux, un trublion, un intrigant, un idéaliste, un utopiste? Etait il un homme politique avisé et réfléchi ou un agitateur impulsif et versatile?"  Telles sont les questions que pose Jean Pierre Vienney et qui restent sans réponse certaine.
Dès l'annonce de la prise de pouvoir de Bonaparte il se retire à Soing où il exercera les fonctions de Maire pendant huit années. Il est emporté par une fièvre contractée lors de la recherche d'eau de source pour le village. Il n'avait que 47 ans.

 

 

Extrait des registres de la commune de Soing. Décès de François Hiacinthe Muguet.
L'article de Jean Pierre Vienney dans  la brochure consacrée à Soing-Cubry- Charentenay, rédigé sur un ton très plaisant vous en apprendra beaucoup plus sur Jacinthe Muguet qui tint un rôle non dénué d'intérêt dans l'histoire de France à l'époque révolutionnaire.

"Mettons nous à l'eau" comme le fit le sieur Muguet au début du XIX eme siècle en cherchant une source d'eau potable pour son village.

Patrick Mathie  a présenté les fontaines de Soing et de Cubry et la relation que leur édification avait avec les ressources en minerai de fer et en bois de la Haute Saône aux XVIII eme et XIX eme siècles.

 

La fontaine des Ormois a été dessinée par Anatoile Amoudru architecte au duché et au Comté de Bourgogne en 1780. Située en plein champs, loin du village là où coulait une source, elle est d'une facture dépouillée mais originale avec ses deux bassins ovoïdes.
Protégé du Grand Maître des Eaux et Forêts du Duché et du Comté de Bourgogne il a été chargé de dresser les plans du nouveau château de cet important personnage. 
Elève dans de grands cabinets d'architectes parisiens il a accompagné l'un de ceux-ci, Victor Louis, lors d' un voyage à Varsovie. Il s'est incliné devant le le Roi de Pologne qui a demandé à le rencontrer et a déposé dans son chapeau baissé une somme rondelette en ducats d'or (l'équivalent de 40 000 euros!).
A son retour en Bourgogne et Comté, succédant à l'architecte bisontin Colombot, il a réalisé un grand nombre de plans et de devis pour des églises, du mobilier religieux, des presbytères, des maisons communes ainsi que des fontaines, des lavoirs et l'adduction d'eau dans les villages...

 

 

La fontaine Marianne...
située à proximité de la Mairie a été l'oeuvre d'un architecte dolois Maurice Sauterey qui a réalisé également le lavoir en 1910-1911. Le buste en fonte de Marianne provient des ateliers d'un sculpteur-fondeur Antoine Durenne qui fut étudiant aux Beaux Arts à Paris.

Sources documentaires: Jean Louis LANGROGNET ( Anatoile Amoudru architecte ou Les bois devenus pierre (Editions de la Passerelle);  Archives départementales 70; Patrimoine de Bourgogne Franche Comté; Photos 2022 de Patrick Mathie.

 

 

L'eau du lavoir provient de la captation d'une source d'un village voisin .  Une particularité: les lavandières travaillaient debout! (le mal de dos était déjà le mal du siècle!)
La dédicace gravée au fronton de l'édifice nomme les principaux artisans de la conduite du projet et ceux qui l'ont  inauguré: le Maire Jean Baptiste Choulet, le député de la Haute Saône Pierre Ragally , le Ministre du commerce et de l'industrie  Charles Couyba qui était aussi maire de Dampierre sur Salon, conseiller général, sénateur...ce n'est pas tout... sous le pseudonyme de Maurice Boukay il écrivait des chansons pour les chansonniers de Montmartre . Avec un autre de ses collègues paroliers il avait écrit le livret d'un opéra "Panurge" dont la musique était de Jules Massenet. Très soucieux de valoriser l'art à l'école il avait rédigé un livre sur le sujet "L'Art et la Démocratie".
Charles Maurice Couyba alias Maurice Boukay
 
A Cubry les Soing...
on trouve les vestiges de deux fontaines au centre du village  et au bas de celui ci, sur le ruisseau des Puits, une fontaine lavoir de grande taille redécouverte puis restaurée dans les années 2000.

 

 

 

 

Didier Laurent a pris le relais en  faisant découvrir le village de Charentenay et des cartes postales anciennes.

En complément du compte rendu :
Charentenay possédait une auberge réputée "l'Auberge Paris" dont la spécilalité était le fameux plat réalisé avec des poissons d'eau douce: la Pôchouse. Le berceau de la recette se situerait à Verdun sur le Doubs.
La pochouse est un plat très ancien préparé par les pêcheurs et radeliers (les pôchoux) qui naviguaient sur la Saône à son confluent avec le Doubs. Elle était confectionnée avec des poissons provenant des deux rivière et du vin blanc. C'était à l'origine "un plat de pauvre". L'hôtel restaurant des trois Maures à Vedun sur le Doubs est réputé pour sa recette de pochouse ( ou pôchouse).
L'auberge est devenue "l'Auberge des hirondelles" car un couple d'hirondelles venait nicher dans le bar... Elle est définitivement fermée, mais l'enseigne est restée.

 

 Dans les années soixante, l'Auberge faisait hôtel restaurant. Le séjour devait être agréable le long de la dérivation de la Saône et sous la glycine ou sous les parasols publicitaires qui apportaient une ombre bienfaisante par les chaudes journées estivales!

 

 Charentenay:

 

Cadastre napoléonien. AD 70

 

 

 

En 1912 le conseil municipal pétitionne pour le remplacement du pont tournant jugé trop dangereux et  perturbateur pour le trafic des  charrettes, le passage des piétons, des ouvriers et des animaux car il  présente un tablier étroit et la fréquence de ses ouvertures et fermetures est de 20 à 30 fois par jour " ce qui oblige une personne à un travail de galérien qu'il est facile d'éviter!" Il faudra attendre 40 années pour que l'Administration réponde favorablement!
La chaiserie Taissandié au bord de la Saône. Seules la cité ouvrière est encore debout.

 

 

 

L'église en 1906
Tableau du peintre local Valentin Pelzhof

 

La conférence se termine...

 

 

Les Editions des Amis concernent de très nombreux villages.

 

Les Amis remercient la municipalité pour son accueil, la mise à disposition de la salle et le Pot de l'Amitié, les intervenants, les personnes ressources Mme Ganiffet et M Tribillon pour leur aide précieuse. 
Un grand merci aux spectateurs venus nombreux.

Cette chroniques est également consultable sur la page facebook:

Les amis de nos vieux villages haut saônois.

 

prochaine conférence à AUTET en 2023.

 

Patrick Mathie 06.12.2022
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E
un grand merci, encore un magnifique travail de documentation de Patrick, bravo
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P
Merci Evelyne mais c'est surtout un travail de longue haleine des conférenciers!