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Association " Les Amis de nos Vieux Villages Haut Saonois". Recherche et communication sur le Patrimoine des villages de Haute Saône

Un LUMIERE en lumière!

L'évocation du nom de famille "LUMIERE" fait naître l'image des frères Auguste et Louis , inventeurs du cinématogrphe au 19eme siècle. Mais sait on que leur père Claude Antoine, artiste peintre, photographe, né en Haute Saône à Ormoy est, lui aussi, un personnage très important dont la réussite dans la fabrication des plaques photographiques a été un peu éclipsée par la renommée de ses fils?

La famille paternelle de Claude Antoine Lumière était originaire de Jonvelle. Son père Nicolas né en 1797  était vigneron, de même que son grand père François Léopold né, lui , en 1778. A Jonvelle plusieurs lieux  rappellenet l'existence de la vigne: Les Vigneuls, Sous les Vignes,  Au dessus des Vignes, Vigne de Mais.  Idem pour Ormoy: Vigne Limonet, Au dessus de la vigne, Vigne du Bois, Vigne de Crais. 

Avant la crise du phylloxera en 1863, bon nombre de villages Haut Saônois possédaient leurs vignes . Les vignerons, les tonneliers étaient présents. La production était le plus souvent consommées localement. 

Claude Antoine Lumière:

 

 

Acte de naissance de Claude Antoine Lumière. Mairie d'Ormoy. AD70

Le jeune Claude Antoine deviendra malheureusement orphelin à 14 ans, puisque ses parents mourront tous deux en 1854 du choléra, à Paris, ceci à quelques mois d'intervalles.

 Le choléra de 1854, troisième épidémie, prend naissance à Paris puis descend vers la Haute Marne et la Haute Saône.

Il sera alors pris en charge par sa soeur ,dans l'Aube où il apprendra le métier de menuisier puis, de retour à Paris en 1858, par le peintre Auguste Constantin qui versera pour lui la somme de 2000 francs afin de lui éviter le service militaire. Son protecteur le formera au métier de peintre en enseigne dans son atelier.

Deux oeuvres d'Auguste Constantin, peinture à l'huile et eau forte.

 

En 1861 il épouse Jeanne Joséphine Costille et part à Lyon pour essayer de se mettre à son compte, mais ne trouvant pas les fonds nécessaires il s'installe à Besançon où naîtront deux fils Auguste en 1862 et Louis en 1864. Après une formation photographique à Dole il deviendra opérateur chez Lebeau, rue des Granges. Il travaillera également à Montbéliard et Baume les dames.

 

Photo Antoine Lumière. Studio Lebeau-Lumière Besançon.

Il retourne à Lyon en 1870 et travaille comme opérateur pour Fatalot et à son compte dans une baraque. Sa fille Jeanne nait cette année là.

Jeanne Joséphine Costille et ses deux garçons Auguste et Louis.

Les ferrotypes

Dans sa cabane ambulante  Antoine réalise des ferrotypes, photogrphies rapides et peu coûteuses .

 La technique du ferrotype a été inventée par Aldophe Martin (1824-1896) elle consiste à exposer une fine plaque de métal recouverte de vernis noir et d'une fine couche de collodion , on obtient ainsi une image positive qui s'imprime à l'intérieur d'une chambre photographique. La plaque est sensibilisée dans une solution de nitrate d'argent et passée dans un bain chimique pour la fixer.

Un atelier Lyonnais recherché

Les qualités artistiques du photographes sont reconnues et les "nantis" qui veullent se faire immortaliser le fréquentent en nombre. Il vend aussi des plaques photographiques vierges car la pratique de la photographie "devient un hobby qui témoigne des moyens et de la réussite de toute personne de qualité"

Antoine Lumière dans son atelier de Lyon.

 

Les plaques sèches

En 1881 Antoine décide de produire ses propres plaques sèches qui ne nécessitent pas un développement immédiat...le résultat n'est pas concluant! C'est   son fils Louis, jeune diplômé qui trouvera une formule chimique au gélatino-bromure . Les plaques produites artisanalement sont bien meilleures que celles de la concurrence. Elles sont vendues chez le voisin, le pharmacien Larochette. Le succès est tel qu'Antoins va passer au stade de la fabrication industrielle.

Plaques Lumière.

La Société Lumière est fondée en 1884. En 1892 elle deviendra Société anonyme des plaques et papiers photographiques Antoine Lumière et ses fils.  La société, dès 1892, a intégré une usine de papier d'excellente qualité  localisée à Charavine. Elle fournira la plupart des usines françaises de papier photographique.

Usine de Monplaisir à Lyon, vers 1920.

La sortie des usines Lumière Lyon. Extrait du film des frères Lumière.

En 1911 les sociétés Lumière et Jougla fusionnent, ce qui élargit encore les moyens industriels et commerciaux. Cette société perdurera jusqu'en 1928 puis deviendra la soiété Lumière.

Fortune faite, Antoine se met à dépenser sans compter afin d'assouvir sa passion pour la pierre et l"architecture.

Les villas d'Antoine....

1891 La Ciotat.Il achète un terrain de 90 ha ( terrain à vigne!) et il fait construire un "palais " de 40 pièces

 

La villa de la Ciotat, à l'origine et de nos jours.

1896 Evian les Bains. Achat d'une villa qu'il transforme en château ( de nos jours, hôtel de ville)

Ancienne villa Antoine Lumière. Hôtel de ville d'Evian.

1898 Cap d'ail. Il fait bâtir trois villas monumentales qui dominent la mer.

 

Une des villas Lumière au Cap d'ail, près de Monaco.

1899. Lyon villa Monplaisir

Pour rivaliser avec la villa de ses fils il entreprend de faire construire la villa Monplaisir. Mais pour ce faire il vend les actions de la Société Lumière dont les créanciers menacent l'existence. Les deux frères écartent leur père de la direction des affaires. 

Antoine a lui même dessiné les plans repris par les architectes Paul Boucher et Charles Joseph Alex de 1899 à 1902.  C'est un style "Art nouveau" revisité. Ses initiales "A" et "L" ornent la façade.

 

 

 

 

 

 

Photos Fondation du Patrimoine

Cette villa fait l'objet d'un "sauvetage" par la Fondation du Patrimoine.

 

Antoine  Lumière s'éteindra en 1911 dans son atelier d'artiste à Paris, après avoir effectué un parcours surprenant qui l'a conduit de sa modeste condition haut saônoise aux Ors de la réussite et des palais. Malgré son succès, il jalousa sans doute la notoriété mondiale de ses deux fils, mais il aura contribué à leur renommée.

Les sources documentaires proviennent du blog de Pierre Dubois "Histoires d'Universités" , de Mitch. Aphotoduxix.canalblog.com, des Archives départementales de Haute Saône et de recherches  personnelles.

Patrick Mathie 20 mars 2021

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Mairie d'Ormoy 22/03/2021 09:28

Merci beaucoup pour cette publication qui met notre village en valeur.
Pouvons nous faire référence à votre article sur notre site web ?

larère 20/03/2021 11:00

Remarquable et très intéressante publication ! J'aimerais vous rencontrer, car je projette de susciter, à Vesoul, des actions pour donner un coup de projecteur sur notre marin-dessinateur Gervèse ; sur lequel je possède pas mal de documents ...Je crois que le sujet a déjà été évoqué avec Madame Damienne Séky-Boggio . Et j'ai eu l'occasion de lire, ici aussi, votre blog sur le sujet . Au plaisir, donc, d'une rencontre. Bonne journée !

mathie 22/03/2021 11:51

Merci pour votre appréciation positie. Vous pouvez bien sûr faire référence au blog! Un lecteur du Blog nous a indiqué que le peintre Dagnan Bouveret,(qui fait l'objet d'un article sur le blog) contemporain de Gérôme et Muenier avait installé un temps son atelier au moulin Sainte Clotilde d'Ormoy. Que de célébrités dans votre village! Il y a d'ailleurs une photo des archives départementales 70 qui montre l'artiste en ces lieux....

mathie 21/03/2021 10:47

Initiative intéressante!