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Blog de l"association " Racines et Horizons saônois" qui remplace "les Amis de nos vieux villages haut saônois" à compter du 1er février 2026. L'objectif demeure la valorisation du patrimoine historique des villages de la zone ouest de la Haute Saône. Recherches documentaires, éditions, conférences et sorties sont au programme de adhérents et du public.

AU TEMPS DES CHASSE NEIGE ANCIENS

Les hivers d'autrefois étaient rigoureux et la neige tombait en abondance. Les hivers 1954 et 1956 sont restés dans les mémoires avec des températures extrêmement basses. Mais c'est en janvier 1985 que le record de froid a été battu à Mouthe avec -42°C!
Afin d'assurer la circulation dans les villages et la communication entre les communes on a eu recours à des "triangles", chasse neige tirés par des boeufs ou des chevaux. Les camions dotés d'une lame , voire de chenilles, ont remplacé ces attelages pittoresques mais efficaces.
Retour en images sur le déneigement d'autrefois:

une "frayée" en Haute Saône...

 

 

 

 

 

 

 

Dans les Vosges...

 

 

Environs de Morez

 

 

Environs de Nasbinals

 

Impressionnant attelage de boeufs dans le Jura!

 

 

Aveyron

 

Strasbourg 1939

 

Chasse neige sur camion Berliet vers 1960

 

curieux chasse neige sur 2CV bimoteur!

Autobus Renault chasse neige! "Route du Jura". Fondation Berliet.

Voici un article tiré de "La Vôge" qui rappelle un événement survenu sur les pentes du Ballon d'Alsace en 1938:

La Vôge n°30. Un sauvetage au Ballon d'Alsace

"Une coupure de journal d'une édition parisienne indéterminée, trouvée aux Archives départementales dans la série S nous révèle la drôle d'histoire d'un déneigement de la route du Ballon aussi difficile qu'inutile. L'article est daté du 23 janvier 1938 et emprunté à l'Est Républicain. " Un ordre ministériel transmis par la préfecture mit en branle non seulement les services vicinaux du versant sud, mais encore une cinquantaine d'hommes du bataillon de Giromagny, réquisitionnés pour la circonstance, et transportés à pied d'oeuvre par des camions.

Parti du Saut-de-la-Truite dans la matinée de lundi, le chasse-neige entreprit la rude tâche d'ouvrir une tranchée dans les dunes blanches d'une hauteur, par places, de plus d'un mètre. Cantonniers et soldats, armés de pelles, complétaient le travail de l'engin mécanique qui, avec la lenteur puissante d'un boeuf de montagne, traçait son laborieux sillon sur la route sinueuse. On travailla ferme tout le jour dans cette mine blanche à ciel ouvert. La "charrue" épuisa jusqu'à la dernière goutte sa réserve de carburant. Une corvée d'hommes, au prix de mille difficultés, partit au ravitaillement. Les quatre volontaires, ayant par moment de la neige jusqu'à la ceinture, ramenèrent de l'arrière un bidon de cinquante litres.

La nuit survint que le chasse-neige et ses pionniers n'étaient encore qu'au kilomètre 7, loin du pôle et de l'objectif à atteindre. La situation de la caravane de secours devenait critique. Une formidable tempête de vent et de neige s'était abattue sur la montagne et, en l'espace de deux heures, une couche fraîche de près de 80 centimètres était venue combler le sillon si péniblement creusé sur la route. Devant eux un parapet infranchissable de 1m90 et derrière, un ados de 0m80. Tout espoir d'atteindre le sommet était impossible et même dangereux. Il fallut battre en retraite. Les vieux cantonniers, habitués pourtant à tous les coups durs, vous diront que cette nuit de lundi à mardi fut un vrai cauchemar de banquise et la plus rude épreuve de montagne qu'ils aient vécue.

Dans la tourmente de tous les diables, où un vent violent et glacé leur lançait à la figure des paquets de neige, éclairés par des falots qui trouaient péniblement une nuit d'encre, nos hommes tout givrés et transis firent marche arrière. Ils bataillèrent toute la nuit contre les éléments déchaînés, contre la neige, contre le froid, contre la faim et ne se retrouvaient complètement exténués, qu'à 4 heures du matin à la base de départ au Saut-de-laTruite. C'est un miracle que la congestion n'ait pas fait de victimes parmi les cantonniers et surtout parmi les 50 militaires, moins habitués que les premiers à ce genre d'expédition. " Après la relation du sauvetage, emprunté intégralement à I'Est Républicain, voici le commentaire du journal parisien : " Et maintenant éclairons notre lanterne. L'appel S.O.S. avait été lancé par "une personnalité parisienne" venue avec sa famille, à bord d'une puissante voiture, passer quelques jours à l'Hôtel du Sommet... Toute la famille était bien au chaud et ne courait aucun risque, pendant que les héroïques sauveteurs étaient exposés au froid et à la mort. La "personnalité parisienne" était seulement rappelée à Paris pour affaires urgentes et sa puissante voiture se trouvait bloquée là-haut par la neige...

D'ailleurs (et voici ce qui est splendide) si les sauveteurs avaient pu réussir dans leur entreprise de sauvetage, ils n'auraient ramené personne. Car "nos touristes parisiens" avaient tout simplement chaussé des skis et le plus facilement du monde, s'étaient laissés glisser jusqu'à la Jumenterie (distance: 1200 mètres) d'où il leur avait facile de rallier StMaurice et de là, la capitale. (...) Que dire du monsieur qui, pour dépanner sa voiture, alerte un bataillon de chasseurs alpins et tout le personnel actif des Ponts et Chaussées, alors qu'il est venu pour faire des sports d'hiver et que précisément la panne lui offre l'occasion d'une agréable descente en ski ? La puissante voiture est encore là-haut, sur le Ballon d'Alsace!

...N'existe-t-il pas un règlement qui permette de la vendre aux enchères publiques pour en verser le prix à la Caisse de Retraites des Cantonniers ou à l'ordinaire des chasseurs de Giromagny ? "...

Les photos ont été ajoutées par nos soins pour souligner le propos!

NB: si nos lecteurs possèdent des photos de chasse neige anciens ayant fonctionné en haute Saône ( tirés par des chevaux, des boeufs, ou automoteurs) ils peuvent les faire parvenir sur la boîte mail :
patrick.mathie@orange.fr
Les photos seront mises en ligne sur cette page. Merci!

Pour des compléments sur le déneigement entre 1910 et 1960 consulter: www.fondationberliet.org

 

 

Patrick Mathie janvier 2019

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