Blog de l"association " Racines et Horizons saônois" qui remplace "les Amis de nos vieux villages haut saônois" à compter du 1er février 2026. L'objectif demeure la valorisation du patrimoine historique des villages de la zone ouest de la Haute Saône. Recherches documentaires, éditions, conférences et sorties sont au programme de adhérents et du public.
Après l'accueil par Evelyne Joly et Monsieur le Maire de Vaite, les petites histoires du XIX ème siècle à Vaite ont été lues par des adhérents. Parmi celles ci une intoxication alimentaire survenue lors d'un mariage en 1860: tous les membres de la noce ont été touchés par des problèmes digestifs suite à la dégustation de gâteaux à la fleur d'oranger. La maréchaussée avait mis les gâteaux sous scellés et tenté de récupérer la bouteille d'eau de fleur d'oranger qui semblait être à l'origine du problème, mais las, elle avait été cassée! L'enquête avait donc tourné court, mais les médecins du secteur avaient eu fort à faire pour soigner les invités et ...les mariés!
Le 27 novembre 1095, le pape Urbain II, qui avait déjà reçu les envoyés de l’empereur byzantin Alexis Comnène au concile de Plaisance six mois auparavant, lança un appel solennel à la Chrétienté pour inciter ses barons à partir en expédition pour délivrer les Lieux saints
L’idée de la croisade prit tellement bien que des prédicateurs parcoururent les campagnes pour haranguer les foules dont un grand nombre - que l'historien Jacques Heers a appelé « les fous de Dieu » - décida de partir. Ceux-ci, associés à la diffusion de l'appel pontifical, drainaient de larges auditoires auxquels ils prêchaient la réforme des mœurs.
L’un des prédicateurs les plus connus est Pierre l’Ermite, qui commença sa prédication dans le Berry, puis l’Orléanais, la Champagne, la Lorraine et la Rhénanie, emmenant dans son sillage quinze mille pèlerins, encadrés par quelques chevaliers dont Gautier Sans-Avoir. Arrivé à Cologne le 12 avril 1096, il continua de prêcher auprès des populations allemandes, tandis que Gautier Sans-Avoir conduisit les pèlerins en direction de Constantinople
En chemin, des exactions furent commises car les pélerins se fournissaient "sur le terrain" en razziant tout ce qu'ils pouvaient. C'était aussi l'occasion pour de petits seigneurs locaux , comme par exemple le Seigneur de Dampierre de se tailles des fiefs en terre étrangère.


Jacky Attalin a retrouvé la gestuelle de Pierre l'Ermite!

La croisade des pauvres gens, partie de Clermont sur les pas du prédicateur Pierre l'Ermite, a emprunté le chemin de l'Allemagne puis, par la voie du Danube, est descendue jusqu'à Constantinople, Nicée ( massacres) Antioche et Jérusalem. Elle était suivie de peu par la croisade des chevaliers de Godefroy de Bouillon qui , lui, passera par l'Italie et la Grèce. Jacky Attalin a rappelé que le fait pour des serfs de partir en croisade, les rendait libres c'est pourquoi beaucoup partaient avec toute leur familles sur les routes en direction de Jérusalem, sans savoir bien sûr où se trouvait cette ville située à plus de 4000 km de la France. C'était donc une émigration inversée par rapport à celles que l'on connaît de nos jours!

René Hanriot
Jean Michel POTHIAT s'est penché sur l'existence d'un enfant de Vaite qui a été connu au niveau national et international dans le cadre de la compétition automobile et de la construction aéronautique: René Hanriot né le à Vaite (Haute-Saône) et mort le , .
" René Hanriot, négociant à Châlons, passionné d'automobiles, participe en 1903 à la course Paris-Madrid, mais il est contraint à l'abandon. L'année suivante, il établit un record de vitesse sur route fermée en atteignant les 128 km/h1: son coéquipier n'est autre que son fils Marcel qui, âgé de treize ans seulement, conduit les voitures de son père à plus de 100 km/h. Toujours en 19042, il s'impose à la côte de Doullens au nord d'Amiens sur Clément-Bayard3, et il dispute les Éliminatoires Françaises de la Coupe Internationale Bennett (de même qu'en 1905) ainsi que le circuit des Ardennes, toujours sur Clément-Bayard (y obtenant une deuxième place en 1906 sur Darracq 120HP). En 1907, il est quatrième du circuit des Ardennes, troisième de la Coppa Florio, et encore troisième de la Coppa Velocita di Brescia, le tout sur Benz. En 1908 il termine quatrième du Grand Prix des États-Unis avec la Benz 150HP. Il participe au Grand Prix automobile de France en 1906 (sur Darracq 120HP), 1907 (sur Darracq), 1908 (sur une Benz qui lui permet d'obtenir une troisième place), et 1912 (sur Lorraine-Dietrich)".

René Hanriot sur Lorraine-Dietrich en 1912

René avait été dispensé du service militaire car son frère y était déjà. Il avait effectué une période dans un un régiment d'artillerie de forteresse. Son livret porte la mention qu'il avait été déclaré en état de faillite en 1897 puis réhabilité par le même tribunal de commerce de Vesoul! Il avait un problème de varices à la jambe gauche!

C'est dans le domaine de l'aviation que René HANRIOT fit sa carrière professionnelle.
"Au cours de la saison 1910, les monoplans Hanriot, pilotés par Wagner (Budapest), Marcel Hanriot (Rouen, Caen, Dijon, Reims, Bournemouth), René Vidart (Lanark) et plusieurs pilotes étrangers, se couvrent de gloire dans les meetings aériens. Ils remportent nombre de places d’honneur et plusieurs victoires, faisant connaître la marque française dans le monde entier, et faisant entrer dans les caisses de la firme des primes substantielles. Plus de cent appareils Hanriot sont achetés en France et en Grande-Bretagne. Les écoles de Reims et Brooklands sont très fréquentées et la saison 1911 s’annonce encore meilleure.
Mais en 1912 alors que René Hanriot veut se lancer dans l'exportation, il commet diverses erreurs de gestion qui conduisent la société vers la faillite. Elle est reprise par Alfred Ponnier, un amoureux des monoplans Hanriot, elle devient la Société de Construction de Machines pour la Navigation Aérienne (CMNA). Hanriot se recycle dans la vente des automobiles Grégoire.
Quand la guerre éclate, en août 1914, les usines Ponnier de la CMNA à Reims tombent aux mains des Allemands. René Hanriot crée une nouvelle usine d’aviation, à Levallois, rue du Bois-Marcel (actuellement rue Jean-Jaurès) où il fonde Aéroplanes Hanriot et Cie. Il produit en 1916 des Sopwith 1½ Strutter, en sous-traitance pour Lioré et Olivier. En 1915, il engage un excellent ingénieur, Pierre Dupont.
En 1916, le Hanriot-Dupont HD 1 est adopté comme appareil de chasse par la Belgique et l’Italie. Construit à 1 200 exemplaires, il relance la marque. À la fin de l’année, Hanriot ouvre une seconde usine au 84, rue des Moulineaux à Boulogne-Billancourt où elle emploie 2 000 ouvriers en 1917. Cette même année, sortent l’hydravion de chasse Hanriot-Dupont HD-2, puis le biplan de combat Hanriot-Dupont HD-3. À la fin de 1917, la firme Hanriot a produit plus de 5 000 avions.

Après la guerre, Hanriot s’installe à Paris, au 190-196, boulevard Bineau. En 1919, une école de pilotage est installée sur le terrain de Mourmelon-le-Grand, dirigée par Maurice Chevillard. René crée une école de mécaniciens de l’aéronautique à Courbevoie. En 1924, la Société Hanriot émigre à Carrières-sur-Seine. René Hanriot meurt subitement le .
Son fils, Marcel Hanriot (1894-1961) lui succéda en 1925 et en resta directeur jusqu’en 1938. L’usine, devenue très importante, avait été nationalisée en 1936 et absorbée par la Société nationale de constructions aéronautiques du Centre. En septembre 1942, des Allemands de la Lufthansa viennent faire des offres de service à Henri Deplante, l'associé de Marcel Bloch, qui accepte avant de venir visiter l'usine Hanriot de Bourges, en zone occupée, qui travaille pour la Luftwaffe et fabrique le bimoteur Siebel 204 Résistant, Marcel Hanriot, officier de la Légion d’honneur, fut à 16 ans le benjamin de l’aviation mondiale et fit ses premiers essais de vol sur le terrain de Bétheny.


Jean Michel suggère qu'une rue ou une place du village porte le nom de cet industriel qui fut si réputé en son temps!
Patrick Mathie Mars 2018