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Blog de l"association " Racines et Horizons saônois" qui remplace "les Amis de nos vieux villages haut saônois" à compter du 1er février 2026. L'objectif demeure la valorisation du patrimoine historique des villages de la zone ouest de la Haute Saône. Recherches documentaires, éditions, conférences et sorties sont au programme de adhérents et du public.

DAMPIERRE SUR SALON PATRIE DE CHARLES COUYBA ET DE MAURICE BOUKAY.

Dampierre, bâtie sur la rivière Salon,a toujours eu une vocation métallurgique,

Un moulin et un haut fourneau sont mentionnés en 1661. Au milieu du 18 ème siècle il produit 500 à 600 milliers de fonte par an et 900 milliers en 1788. ( 1 millier=1000 livres=489.51kg).Claude François Rochet l'exploite de 1770 à 1789 et fait construire une demeure patronale au centre du village vers 1785.La société Dufournel le rachète. Il est arrêté en 1862, puis détruit avant 1889. La famille Waltefaugle rachète le site pour y établir une fabrique de quincaillerie puis de charpentes métalliques. L'entreprise employait 200 personnes en 2008. 

Plan de l'implantation du Haut fourneau de Dampierre sur Salon

Roue à aubes de l'usine Walterfaugle

Charles Couyba est élu maire de Dampierre de 1904 à 1919

Près de la poste actuelle a été érigée la statue de celui qui fut non seulement premier magistrat de la ville, mais aussi Conseiller Général, Député et sénateur de la Haute Saône, Ministre deux fois, Président de la SACEM et enfin Directeur de l'Ecole Nationale des Arts Décoratifs. Enfin?...non! Charles Couyba était aussi un artiste ; poète et chansonnier.Sous le nom de Maurice Boukay ( anagramme de Couyba) il écrivit des poèmes, des chansons, des opéras. Il fréquentait le "Chat Noir" à Montmartre.Ses amis étaient Verlaine, Sully Prud'homme, le compositeur Massenet...

Il est un peu le précurseur de ce Dampierre aux deux visages qui allie maisons anciennes et immeuble ultra moderne en métal et en verre, planté au milieu du village entre l'église et le Salon.

Nous essaierons de voir qui était ce personnage qui menait de front une vie politique et une activité artistique parisienne...

1 LA MAISON COUYBA.

Charles Couyba est né à Dampierre sur Salon, le 1er janvier 1866, dans l'Hôtel du Soleil d'Or situé à l'intersection de la rue principale et de la route conduisant à Seveux.

Sa mère acheta la maison des maîtres de forges lorsqu'il devint Maire en 1909.

La maison, site classé en 1993, est en cours de restauration. Les journées du patrimoine sont l'occasion idéale pour la visiter et faire un retour aux XVIII ème et XIX èmes siècles.

Les photos que j'ai prises à l'automne 2017 sont publiées avec l'autorisation de Monsieur le Maire de Dampierre que je remercie bien sincèrement.

A l'origine, la cuisine n'était  pas située dans le corps de logis, mais dans les communs à l'extérieur. La pièce servait à déposer les plats en attendant qu'ils soient apportés à la salle à manger.

 

Bouteilles de vin BOUDOT maison fondée en 1878

La porte de la "cuisine" donne accès à la salle à manger, de même que deux portes donnant sur l'entrée..

statue de Bacchus, dieu du vin

Les trumeaux, au dessus des portes symbolisent les saisons...

Les portes fenêtres ouvrent sur le jardin. Les teintes bleu pastel s'harmonisent avec le sol en dalles de pierre blanches et bleues extraites dans la région. L'ensemble est reposant.

La porte, au fond à droite, permet d'accéder à une chambre ...

Les initiales entrelacées du premier propriétaire: C.F.R. (Claude François Rochet) figurent au dessus de l'alcôve principale.

La chambre du maître de maison a été agrandie par une deuxième alcôve. Le corps du fourneau qui a remplacé la cheminée a été agrémenté par un décor "lierre" spiralé peint par Charlotte Couyba...

Des collages et découpages religieux, sous demi sphère, sont aussi l'oeuvre de l'artiste, ici la Vierge et l'enfant Jésus

Le papier peint représente des scènes champêtres, dites "scènes de genre" du XVIII ème siècle, dans le style des toiles de Jouy.

Concession à la modernité, une baignoire et un lavabo ont été installés dans l'antichambre...

Le salon offre une grande originalité par son décor fait de doubles colonnes supportant un chapiteau ovoïde. La cheminée, massive (!), a été dessinée par un architecte local. Le parquet à la française, style Versailles, contraste par ses lignes droites et angulaires avec le chapiteau tout en courbe du plafond. Les murs sont peints en trompe l'oeil. Charlotte Couyba a été sensible à cette architecture d'intérieur puisqu'elle en a fait un tableau.

A l'étage, la chambre de Madame et le bureau de Charles COUYBA

Les ferronneries  réalisées par un artisan local sont d'excellente facture.

Sur le bureau, une statuette représentant Charles Couyba, datée de 1907

Le gouvernement Joseph Caillaux en 1911. Charles Couyba ( 1er à gauche à l'avant dernier rang) y est Ministre du commerce et de l'industrie. 

Sur le fauteuil est posé un cadre présentant le "double" de Charles: Maurice BOUKAY

La chambre de la maîtresse de maison qui ouvre sur son vestiaire ainsi que sur l'alcôve de sa femme de chambre....

...le cabinet de toilette a été modernisé!

il est à noter que les portes suivent la courbure de la pièce et sont elles mêmes incurvées

Le petit salon réservé à la propriétaire. Des tableaux de Charlotte y sont exposés ainsi que des oeuvres d'artistes locaux représentant Dampierre .

Quatre toiles de Charlotte COUYBA.

Dédicace en bas à droite: " A Monsieur le sénateur Couyba, avec mes respectueux hommages". Signé: E.Weber. La toile représente le carrefour et l'Hotel du Soleil d'Or appartenant aux parents de Charles.

Le pont sur le Salon. Tableau signé Jean Baptiste Maître, 1899

Lavandières au bord du Salon à proximité du pont ( au niveau de l'actuel hôtel).

à suivre....

Le grenier offre quelques découvertes...

Si la toiture a été refaite, la charpente, majestueuse a été conservée. Les conduits de cheminée créent un graphisme particulier sur les murs. Des graffitis  ont été tracés au fusain.

Les murs du grenier auront sans doute constitué un "terrain d'expression libre" pour la jeune Charlotte Couyba à qui ces dessins peuvent être attribués.

Le sol est recouvert de tomettes d'argile cuite afin d'assurer l'étanchéité et de protéger ainsi les plafonds du premier étage des infiltrations d'eau ou de neige. Le grenier pourrait avoir hébergé des poules ( volailles)!

Certaines d'entre elles portent des marques laissées intentionnellement par l'homme ou involontairement par des animaux ( ici un chien?) pendant leur séchage, il y a plus de 230 ans!

Par les lucarnes du grenier on a une vue presque panoramique sur les toits du village de Dampierre et sur l'immeuble de verre omniprésent....

Un bâtiment aux multiples facettes

Le jardin terrasse a été aménagé au dessus des immenses caves soutenues par de solides piliers et des voûtes d'arêtes. Elles servaient à entreposer le bois de chauffage et les victuailles. On pouvait y rentrer; depuis la rue en contrebas, avec une charrette à cheval. Un escalier extérieur permettait de la relier aux cuisines situées dans la dépendance de droite. La cave est occupée aujourd'hui par une association de gemmologie qui présente une remarquable collection de minéraux et de fossiles.

La visite est terminée pour aujourd'hui! Merci au guide!

à suivre: La "double vie" de Charles Couyba.....

2 Charles COUYBA

Charles COUYBA est né le 1er janvier 1866, à DAMPIERRE SUR SALON

Des biographes le font naître alors que ses parents tenaient l'Hôtel du Soleil d'Or, mais son acte de naissance indique que son père Claude Charles Hippolyte Couyba, 21 ans, est boulanger et que sa mère Emilie Vielle, de Ray sur Saône,  est âgée de 18 ans. Le texte de Charlotte Couyba nous montrera, un peu plus loin, que son grand père exerçait les deux professions de front: tenancier d'Hôtel Restaurant et boulanger pour le village

 

Dampierre sur Salon. L'hôtel du Soleil d'Or appartiendra aux parents de Charles Couyba, puis il sera vendu à la famille Coupette.

Au cours de sa carrière politique,Charles ajoutera, de lui même, un deuxième prénom absent sur l'Etat Civil: Maurice,. Paraphrasant Victor Hugo  on pourrait dire: "Déjà Boukay pointait sous Couyba"!  Le fait qu'il ait été le premier inscrit sur la liste des naissances de 1866 augurait d'un avenir plein de réussite...ce fut le cas!

 

Après son mariage avec Hélène Catherine HEZARD, le 5 OCTOBRE 1902 sa résidence "provinciale" se situe à Neuvelle les la Charité (70) d'où son épouse était originaire. En 1903 leur fille Charlotte naîtra en ce château.

Hélène Catherine était la fille d'Edmond HEZARD, maître des forges de la Romaine à Pont de Planches 70 et Président du Conseil Général de Haute Saône.

L'HOMME POLITIQUE.

Charles COUYBA a adhéré aux idées du radicalisme et du parti  radical-socialiste.

"Le Parti républicain, radical et radical-socialiste, plus communément appelé Parti radical ou Parti radical-socialiste est le plus vieux parti politique français. Issu du radicalisme, il a été particulièrement influent pendant la Troisième République. Républicain, très attaché à la propriété privée et à la laïcité, anti-catholique mais aussi farouche opposant au collectivisme prôné par les marxistes, partisan d'un régime douanier libre-échangiste, c'est un parti intermédiaire entre la gauche et la droite susceptible de s'allier aux socialistes ou aux conservateurs suivant les circonstances. Les radicaux étaient considérés, aux débuts de la IIIe République, très à gauche face aux modérés, ralliés, orléanistes, bonapartistes ou légitimistes. Avec l'apparition des socialistes, ils occupèrent une position centrale et prédominante sur l'échiquier politique français". Source: educalingo.com.

Le parti radical sera célèbre aussi pour ses fameux banquets "rad-socs". Ci- dessous un menu de 1935:

en ce temps là pas de ...modération !

La biographie de Charles COUYBA  se trouve dans un document officiel:

Dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940

par Jean JOLLY

"Né le 1er janvier 1866 à Dampierre-sur-Salon (Haute-Saône), mort le 18 novembre 1931 à Paris.

Député de la Haute-Saône de 1897 à 1907.
 
Sénateur de la Haute-Saône de 1907 à 1920.
Ministre du Commerce et de l'Industrie du 27 juin 1911 au 11 janvier 1912.
 
Ministre du Travail et de la Prévoyance sociale du 13 juin au 26 août 1914.

Fils d'un hôtelier de Dampierre-sur-Salon (Hôtel du Soleil d'Or), Maurice Couyba a fait ses études au Collège de Gray, puis au lycée Louis-le-Grand, à Paris.(NDLR: il est passé auparavant par le séminaire de Luxeuil les Bains pour étudier les langues anciennes).

 

Licencié en lettres et en droit, deux fois admissible à l'Ecole normale supérieure, il passa avec succès l'agrégation, et, après avoir été répétiteur de lycée, devint professeur à l'école Arago à Paris".

Lycé Arago. PARIS

Il est à noter que Charles COUYBA n'effectuera pas son service militaire. Né en 1866, il faisait partie de la classe 1886. et était recensé à Langres, Haute Marne. Sa fiche militaire indique qu'il est Maître auxiliaire au Lycée Louis le Grand  et qu'il réside à Paris rue Saint Jacques. Il est considéré bon pour le service mais dispensé car "Voué à l'enseignement". Son camarade de Vauconcourt, cultivateur,lui, ne sera pas exempté car la mention "voué à l'agriculture" ne semblait pas exister....!


 

"Dispensé voué à l'enseignement" A.D. Haute Marne.

"Il aborda la politique en 1895, en se faisant élire conseiller général de Dampierre-sur-Salon, battant le duc de Marmier. Ayant subi un échec en 1901, il entra à nouveau à l'Assemblée départementale en 1904 pour y représenter le canton de Gray.

Il entra à la Chambre des Députés à la faveur d'une élection partielle qui eut lieu le 28 février 1897, pour pourvoir au remplacement de M. Maurice Signard, élu sénateur le 3 janvier 1897, et démissionnaire de son mandat de député le 18 janvier.

Maurice Couyba emporta le siège de la circonscription de Gray, au premier tour de scrutin, par 8.749 voix contre 6.164 à M. Philippe-Charles, sur 15.151 votants. Inscrit au groupe républicain radical et radical-socialiste, il appartint à diverses commissions spéciales. Il déposa deux propositions de loi concernant : le Conseil supérieur de l'instruction publique et les conseils académiques (1897) et la création d'une commission libre de défense des ouvrages dramatiques (1897). Il développa une interpellation sur l'état des tarifs de transport des vins par les chemins de fer (1898).


Réélu aux élections générales des 8 et 22 mai 1898, au deuxième tour de scrutin, par 9.710 voix contre 1.696 à M. Parenty, sur 13.285 votants, il entra à la Commission du suffrage universel, à celle de l'enseignement, à celle des économies administratives, et à celle du budget pour l'exercice 1902. Auteur de propositions de loi sur : la nomination des instituteurs et institutrices par les inspecteurs et recteurs d'académie (1898), le déplacement des instituteurs par l'autorité académique (1898), le canal des Deux-mers (1900), il fut chargé de rapporter le projet de loi portant approbation d'une convention signée entre la France et l'Equateur pour la garantie réciproque de la propriété artistique et littéraire (1898), ainsi que l'enquête sur l'enseignement secondaire (1900). Il se fit entendre à la tribune sur : le régime des boissons (1900), et la création et l'amélioration des voies navigables et des ports (1902).

II retrouva son siège aux élections générales du 27 avril 1902, au premier tour de scrutin, par 8.693 voix contre 7.964 à M. Philippe, sur 16.842 votants. Membre de la Commission des crédits, de celle de l'agriculture, de celle de l'enseignement et des beaux-arts, il déposa une proposition de loi ayant pour objet le transfert au Panthéon des restes de Renan, d'Edgar Quinet, de Michelet et de Balzac (1902), et reprit celle relative au déplacement des instituteurs et institutrices (1905). Il intervint au cours de la discussion d'interpellations concernant la création de théâtres populaires et parla des bouilleurs de cru à l'occasion de la discussion d'un cahier de crédits provisoires (1906). Durant cette législature, il fut Secrétaire de la Chambre de 1903 à 1905.

 

Jean Jaurès à la tribune de la Chambre des députés
Jean Véber, 1903.
Huile sur bois, 61 x 73 cm
Paris, musée Carnavalet
© Musée Carnavalet, cliché Joffre


Ses électeurs lui restèrent fidèles aux élections générales du 6 mai 1906. Il reconquit son siège au premier tour de scrutin par 9.551 voix contre 6.642 à M. Jouart, sur 16.346 votants. Toujours membre de la Commission de l'enseignement, il déposa une proposition de loi relative à la protection du droit des auteurs en matière de reproduction des œuvres d'art (1907), et rapporta : le projet de loi modifiant le mode de réalisation des traités d'avances pour canalisation passés par le service des eaux de Versailles (1906), le projet de loi portant ouverture d'un crédit pour travaux de réfection de l'Elysée (1906), le projet de loi ouvrant un crédit pour l'aménagement, au Louvre, de la collection Moreau-Nelaton (1906).


Il fut élu sénateur de la Haute-Saône le 7 juillet 1907, à l'occasion d'une élection partielle, en remplacement de M. Outhenin-Chalandre, décédé le 14 mai précédent. Il enleva le siège au premier tour de scrutin par 595 voix sur 852 votants. Il se démit de son mandat de député le 11 juillet suivant. Membre de diverses commissions, il se fit entendre au cours de la discussion : des budgets des affaires étrangères, de l'instruction publique et des beaux-arts de l'exercice 1908 (1907), d'une interpellation relative à la crise des transports (1908), du budget de l'instruction publique de l'exercice 1909 (1908).

Charles Couyba sénateur de la Haute Saône. Photo de l'agence Rol.
 

Un sénateur- rapporteur actif:

Il retrouva son siège de sénateur au renouvellement du 3 janvier 1909, au premier tour de scrutin, par 628 voix sur 849 votants. Il présenta plusieurs propositions de loi ou de résolution concernant : la protection du droit des auteurs en matière de reproduction des œuvres d'art (1909), qu'il fut chargé de rapporter (1910), l'exposition internationale des arts décoratifs et industriels, devant s'ouvrir à Paris en 1914 (1911), une motion à voter aux armées de la République et aux armées alliées (1918), la célébration en France le 4 juillet de la fête nationale américaine (1918), les crimes et dévastations commis par l'ennemi en pays envahis (1918), l'institution d'une Croix du Mérite civique destinée à récompenser les dévouements aux œuvres de défense nationale (1918), la nomination d'une commission chargée de l'examen du Traité de paix (1919). Il fut chargé de rapporter : les projets de loi portant approbation : du règlement et des tarifs arrêtés par la conférence télégraphique internationale de Lisbonne le 11 juin 1908 (1909), et de la convention radiotélégraphique internationale de Berlin, du 3 novembre 1906 (1910), le projet de loi portant fixation du budget général des exercices 1910 et 1913 (Instruction publique et beaux-arts) (1910 et 1913), les projets de loi portant approbation des arrangements postaux conclus entre la France, le Grand Duché du Luxembourg, l'Espagne, l'Allemagne et la Russie (1910), le projet de loi portant approbation d'une convention sur la protection des œuvres littéraires et artistiques (1910), le projet de loi portant retrait des monnaies de billon (1913), le projet de loi relatif à la participation de l'administration des beaux-arts, à l'exposition quadriennale et internationale des beaux-arts de Munich, en 1913*, le projet de loi relatif aux travaux de construction et de réfection à effectuer au Muséum d'histoire naturelle (1913), le projet de loi ayant pour objet d'autoriser la vente, au profit de l'Etat, des copies de tableaux exécutées dans les musées, nationaux et abandonnées par leurs auteurs (1913), le projet de loi tendant à rattacher aux beaux-arts le Musée Guimet (1913), l'étude sur l'organisation économique du pays pendant et après la guerre (1918). Il prit part en outre aux discussions, sur l'approbation de conventions entre la France et la Suisse pour la construction de voies ferrées donnant accès au Simplon (1909).

* Exposition des beaux arts, Münich,1913:

August Macke. Promenade 1913

Kandinsky 1913

Le Ministre

Le Ministère CAILLAUX .1911

Charles Couyba se trouve au 3ème rang , 1er à gauche.

Nommé Ministre du Commerce et de l'Industrie dans le Cabinet Joseph Caillaux du 27 juin 1911, il donna sa démission de Secrétaire du Sénat et se fit entendre dans la discussion du projet de loi sur le régime des ports de commerce (1911).

 

La ville de Lure fait honneur à Charles COUYBA lors de sa visite ministérielle en 1911.

Mais il abandonna son portefeuille le 11 janvier 1912, à la chute du Ministère, non sans avoir expédié les affaires courantes jusqu'au 14 janvier, date de la formation du premier Cabinet Raymond Poincaré. Revenu à son banc de sénateur, on l'entendit parler : de la loi de finances de l'exercice 1912 ., des budgets des beaux-arts et des postes et télégraphes de l'exercice 1913, des nominations et révocations des instituteurs et institutrices titulaires 1914.

Le 13 juin 1914, René Viviani lui confia le portefeuille du travail et de la prévoyance sociale dans son premier Ministère. En cette qualité, il soutint la discussion du budget de son département ministériel.

 

Lettre des frères Blotto au Ministre Couyba.

Charles Couyba, ministre du travail au Grand Palais. Paris . Il répondait à la sollicitation des fabricants de triporteurs, les frères Blotto.

 

Le cabinet Viviani 1914. Charles Couyba 1er à gauche.

 

Mais ce Cabinet fut dissous par Viviani lui-même le 26 août suivant, en raison de la guerre franco-allemande, et Maurice Couyba reprit sa place à son banc de député. On l'entendit parler de l'institution des pupilles de la Nation (1916) et des crédits provisoires applicables au premier trimestre de 1917 (1917). Elu, en 1918, membre de la Commission chargée de procéder à une enquête économique sur les moyens d'accroître et de coordonner les forces de production des colonies françaises, il fut en outre membre de la Commission chargée d'étudier les questions intéressant spécialement les départements libérés de l'invasion (1918), de celle d'Alsace - Lorraine (1918), de celle de trafic des billets de théâtre (1918) et de celle de codification des lois ouvrières (1918). Il se fit encore entendre dans la discussion : de la proposition de loi créant des chambres d'agriculture (1918), de l'interpellation sur la politique financière du Gouvernement (1919) et de la proposition de loi modifiant les lois organiques sur l'élection des députés (1919). Cette même année, il entra à la Commission de la journée de huit heures, à celle de l'élection des députés, et à celle d'examen des traités de paix.

Charles Couyba rend visite aux orphelins de la guerre à Saint Jean Cap Ferrat.


Il subit un échec au renouvellement du 11 janvier 1920 et à celui du 9 janvier 1927 et se désintéressa désormais de la politique. Mais d'autres fonctions l'occupaient : il était directeur de l'Ecole nationale des arts décoratifs ; président d'honneur de la Société des auteurs et compositeurs de musique ; président de « l'Art à l'Ecole », de la Société d'encouragement au bien, de la Société de la poésie".

L'Ecrivain

"Charles Couyba a publié des ouvrages tels que : Classiques et Modernes, Arts et Démocratie, L'art et l'Ecole, Le Parlement français, Le Droit de l'Enfant, Le Théâtre social, Les Beaux-arts et la Nation..."

 Charles Couyba se préoccupait de la nécessaire réforme de l'enseignement secondaire.

"Qu'on le veuille ou non, le xxe siècle sera le siècle de la Science et de la Démocratie, et nos petits neveux de « Saint-Louis » ou de « Louls-le-Grand » verront et feront des miracles, « par raison démonstrative ».

Cherchez la cause de l'affaiblissement des études et de la déformation du régime du XIXème siècle et vous la trouverez le plus aisément du monde. « C'est, dit M. Bertrand, dans son étude sur le lycée de quatre ans [Revue Occidentale, du 1er juillet 1899), c'est l'invasion des sciences dans un système uniquement conçu pour l'enseignement des langues anciennes, et c'est aussi l'invasion de la démocratie dans une institution qui avait pour but principal de former ce qu'on a très bien nommé des hommes de luxe. Rien ne sert de déplorer cette double invasion qui a tout emporté, tout ravagé ; c'est un fait accompli. Les sciences tiennent désormais trop de place dans la vie individuelle et dans la vie sociale pour qu'on songe, je ne dis pas à les exclure, chose impossible, mais simplement à les restreindre. On ne peut songer qu'à les mieux enseigner et à ne plus nous les faire absorber comme autrefois on prenait le quinquina, en mangeant beaucoup d'écorce et beaucoup de bois, parce qu'on ne savait pas encore en extraire le principe actif, la quinine. Semblablement on se leurre en parlant de réserver les études secondaires à une aristocratie, ce serait rétablir le régime censitaire et donner une prime à la situation et à la fortune qui désigneraient cette aristocratie. »

Extrait du livre du député Charles Couyba, Classiques et Modernes.

 

Ce texte est plus que jamais s'actualité!

"En 1902, alors qu'il est député, il publie L’Art et la Démocratie, tiré de son Rapport sur le budget des beaux-arts. Alors qu’une grande partie des artistes et des intellectuels professent de la suspicion à l’égard d’un État qui semble faillir à sa mission, il affirme sa volonté de requalifier l’action de l’État dans le domaine culturel. 

Couyba a l’ambition d’une véritable politique artistique. Il l’expose dans L’Art et la Démocratie, constitué de cinq chapitres (Les Écoles, les théâtres, les manufactures, les musées, les monuments). Dans la droite ligne du solidarisme (son ouvrage est dédié à Léon Bourgeois),

Couyba défend une voie médiane qui permettrait de concilier les principes de « liberté » et « d’autorité ». Aussi commence-t-il par présenter dans son avant-propos les « trois façons générales de comprendre les rapports de l’art et de l’État » : « l’art libre dans l’État libre », « l’art collectif dans l’État souverain » et « l’art libre dans l’État protecteur »  source: INHA.

 

Une passerelle entre la vie politique et la vie artistique:  L'Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs.

Comme nous allons le voir plus loin, Charles Couyba était un homme aux multiples facettes: homme politique et écrivain il était aussi journaliste chansonnier, librettiste sous le pseudonyme de Maurice Boukay. A l'issue de sa carrière politique il fut nommé à la tête de l'ENSAD. 

Charles Couyba en assurera la direction de 1926 à 1931.

 

Maurice BOUKAY...

Cet autographe de Charles Couyba est très intéressant car Charles a ajouté comme deuxième prénom Maurice (M.). Or, son acte de naissance porte bien mention d'un unique prénom: Charles. Le deuxième prénom ajouté exprime la dualité du personnage: homme politique le jour, sous son nom d'origine et artiste la nuit, dans les cabarets de Montmarte, sous le pseudonyme de Maurice BOUKAY.

 

Maurice BOUKAY

Bien qu'élu de Haute Saône Charles- Maurice a passé la plus grande partie de sa vie à Paris en qualité d' Enseignant, de Député, de Sénateur, de Ministre , de poète et de chansonnier. La situation géographique des cabarets de Montmarte dans lesquels il officiait l'a conduit à s'implanter dans le 14 ème arrondissement de Paris, rue Emile Cresson.

En 1913, 1 permis de construire a été déposé par Charles Couyba, sénateur de la Haute-Saône. M.Couyba est également propriétaire d'une partie de l'immeuble mitoyen, situé au 20 rue Ernest-Cresson, avec M.Guédy, architecte. Les deux propriétaires s'engagent à maintenir à l'état de cour commune le terrain dépendant des immeubles.

Plan du sixième étage "Atelier d'artiste"

 

Immeuble 18-20, rue Ernest Cresson. Paris XIV°.

L'Atelier, sa verrière et son balcon

Bas relief du sculpteur franc comtois Iselin, la Musique émergeant d'un chêne.

Entrée du 18 rue Ernest Cresson, bas relief d'Iselin: livret ouvert, panier, tambourin, arc, masque et feuillages...

Plaque commémorative Charles COUYBA /Maurice BOUKAY

 

Maurice Boukay a mis l'Atelier de la rue Emile Cresson. à la disposition d'un jeune artiste portugais Amadeo de Suza Cardoso.

Amadeo de Souza-Cardoso, né le  à Manhufe, paroisse de Mancelos, Amarante, Portugal mort de la grippe espagnole ,le  à Espinho, est un peintre portugais, précurseur de l'art moderne. Délaissant ses études de commerce il s'est lancé dans le croquis puis la peinture à Paris.

 

Deux clichés simultanés prise dans l'Atelier du sixième étage, rue Ernest Cresson. Amadéo avec son épouse Lucie et Amadéo seul. Au mur  à droite et au sol à gauche, des tableaux (dont celui présenté ci dessous représentant deux lévriers et deux lapins) et la palette de l'artiste.

Le style originel d'Amadeo se rapprochait de celui des impressionnistes. Il a évolué ensuite vers le cubisme et le futurisme au contact de Modigliani et de Brancusi. Mais il a toujours refusé de faire partie d'une école de peinture.

Pont l'Abbé.1907

Le lapin 1913

Don Quichotte 1914

Coty 1917

La musique 1917

Maurice BOUKAY, "protecteur des Arts" ( sa fille Charlotte s'est elle aussi lancée dans l'aquarelle et la peinture) était un ami de Paul Verlaine qui préfaça son recueil de "Chansons d'amour":

Un extrait du recueil: "Petit voyage"

 

Son projet artistique qu'il mène en parallèle avec son activité politique le conduit . d'ailleurs à faire paraître une revue idéaliste, Le Cœur, en collaboration avec Antoine de La Rochefoucauld et Jules Bois.

Antoine de LA ROCHEFOUCAULD (1862-1959)

Artiste peintre et collectionneur d'Art Antoine de la Rochefoucauld est fils de Comte.  Il fait partie de la Rose-Croix c'est un ordre hermétiste chrétien légendaire dont les premières mentions remontent au début du xviie siècle en Allemagne. L'existence de l'ordre, et celle de son fondateur Christian Rosenkreutz, sont sujettes à controverse.

Trois toiles de La Rochefoulcauld: Nature Morte, Portrait de la Comtesse de la Rochefoucauld, Portrait du compositeur Eric Satie.

Jules BOIS:

Né à Marseille le 28 septembre 18681 et mort à New York le 2 juillet 1943, est un poète, romancier, dramaturge, essayiste et journaliste français, critique d'art, auteur d'ouvrages sur l'ésotérisme et théoricien d'un certain féminisme, très différent du féminisme au sens actuel. Il sera le gérant et le rédacteur en chef de la revue.

 

Jules Bois écrit aussi dans le journal satyrique Gil Blas.

La revue "Le COEUR" ne sera publiée que pendant deux années, de 1893 à 1895. Maurice BOUKAY en était le secrétaire de rédaction.

Le POETE-PAROLIER-CHANSONNIER:

Il est du groupe du Chat Noir.

Le cabaret "le Chat Noir" en 1906.

Le moulin de la Galette en 1921.

Il faisait aussi partie des chansonniers qui se produisaient au cabaret des Quat'z'Arts:

Au fond à gauche le fameux "Mur" des Quatz-arts

De fait, les murs du cabaret fonctionnaient comme une sorte de « journal », connu sous le nom Le Mur. Ils étaient recouverts de toutes sortes de portraits, caricatures et esquisses, avec des textes et des commentaires sur les sujets d’actualité, notamment dus à Léandre et Guirand de Scévola, les deux principaux illustrateurs du journal Les Quat’z’Arts. Entre Le Mur et Les Quat’z’Arts existait une corrélation étroite.

Tournée des 4 z'arts 1896. Maurice Boukay se trouve assis au centre à la gauche de l'homme au chapeau. A droite, debout, en redingote,  front dégarni, mais cheveux longs,le célèbre chansonnier de Montmartre Marcel Legeay.

Il donne ensuite:


- Chansons d'amour, préface de Paul Verlaine, Dentu, Paris, 1893


- Chansons rouges, Flammarion, Paris, 1893

Deux dessins de STEINLEN pour Chansons Rouges. Editions de 1893 et 1896


- Nouvelles Chansons, rêves, joies, regrets, préface de Sully-Prud'homme, Flammarion, Paris, 1895

Chanson "Interrogation"...

...chanson que l'on pense un peu coquine... au départ, mais qui débouche sur une grande désillusion finale pour l'interrogateur, pourtant sûr de son charme...

V

...A quoi songe enfin votre coeur

Qui bat si fort sous la dentelle?

Auriez- vous peur? - Non, me dit elle,

Non, je songe au baiser vainqueur

Dont un autre a ravi mon coeur !

La scène a peut être été vécue par Maurice lui même...l'humour et l'autodérision, dans ce cas, seraient bien présents !

Dans un autre registre:


- La Chanson des mois pour la jeunesse, Larousse, Paris, 1913

Dans son avant-propos, Léon Riotor note : « Le recueil réunit les douze chansons des Mois composées spécialement par le poète Maurice Boukay et mises en musique par Marcel Legay. Le poète a repris, pour désigner les mois, les noms harmonieux et sonores dont les avait parés un autre poète, Fabre d’Eglantine, l’auteur du Calendrier républicain de 1792 ».

Des récompenses scolaires,sous forme de cartes imprimées recto verso étaient éditées par la maison Larousse à partir du livre "La chanson des mots pour la jeunesse". Sur une face un dessin à colorier représentait un des douze mois de l'année. Sur l'autre était imprimé le texte de la chanson avec un air connu, dontl le parolier avait actualisé les paroles en rapport avec  le mois de l'année concerné. Un emplacement permettait de noter le nom de la commune , celui du bienheureux récipiendaire et d'y adjoindre l'indispensable paraphe du Directeur ou de la Directrice d'école !

 

Le 9 avril 1916, son Hymne arménien sera donné dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne à l'occasion d'une manifestation sous la présidence de Paul Deschanel,Hommage à l'Arménie, organisée à la suite du génocide.


Il s'essaie aussi à l'écriture théâtrale avec :
- L'Escholier et l'étudiant, saynète infernale, jouée au Casino des arts de Lyon, le 23 mars 1890 et publiée aux éditions A.Pastel, Lyon, 1890
- Françoise, drame lyrique en quatre actes dont il compose le livret, musique de Ch.Pons
, donné au Grand Théâtre de Lyon en novembre 1913, publié aux éditions Joubert, Paris, 1913


- Panurge, farce musicale en trois actes, musique de Jules Massenet .

 

Dans Le Monde artiste du 26 avril 1913, Paul Milliet parle de la répétition de Panurge en ces termes :

« Tel qu'il est, ce scénario adapte les fantaisies gigantesques, les dissertations philosophiques, les bouffonneries énormes, la gaîté, l'ironie et la trivialité de Rabelais, à la légèreté, à la vivacité séduisante de Massenet.

La partition est mouvementée, plaisante, brillante, émue même. Je n'en veux pour preuves que […] l'entracte de violon qui évoque le lointain souvenir de Thaïs ; et le pastiche des compositeurs de la Renaissance…

Selon David Le Marrec,

« Cette œuvre […] représente à mes yeux l'une des plus grandes réussites de la forme opéra. Tout simplement à cause de sa densité permanente […] La plume de Massenet […] s'amuse ici à imiter délicieusement des formes archaïsantes, vaguement baroques, dans des saynètes qui s'enchaînent à un rythme endiablé. Je n'ai jamais connu cela à un tel degré dans un opéra […] Cette œuvre est un petit bijou de bonne humeur et d'élan dramatique. À mon sens, aucun compositeur n'a jamais fait mieux en termes d'urgence. Si on ajoute à cela un livret parfaitement divertissant, une musique farcie de clins d'œil, aussi surprenante que charmante, on prend les conclusions qui s'imposent"

 

Jules MASSENET

C'est sur un livret de Maurice BOUKAY et de Georges SPITZMULLER que Jules Massenet composera la musique de Panurge.

Panurge Acte 1, lors de la création

Ouverture de Panurge

Lettre de condoléance de Charles Couyba à la veuve de Jules Massenet.

 

Paul DELMET

Vers 1889, Paul Delmet rencontre son plus fidèle collaborateur pour les paroles, Maurice Boukay, dont il met en musique des dizaines de poèmes. 

 

Marcel LEGAY

Vers 1881 il commence à chanter au Chat Noir alors que celui-ci venait d'ouvrir ses portes. Il rejoint le groupe des hydropathes, qui a fait de ce cabaret son lieu de prédilection. Il côtoie à cette période Aristide Bruand4, Eugénie Buffet et Alphonse Allais.

En 1882 il met en musique la Chanson du semeur5, chanson engagée de Jean-Baptiste Clément (connu pour Le Temps des cerises) à l'Eldorado

En 1885 il ouvre le cabaret de la Franche Lippée6 rue des Abbesses où l'on met en musique des pages de prose tirées de Maupassant, Hugo, Louise Michel. Il se produit souvent dans différents cabarets comme les Quat'z'arts, le Chien Noir, le Lapin Agile, le moulin de la galette. Il ouvrira plusieurs cabarets : l'Alouette (1899), le cabaret du Grillon (190?), les Noctambules (1904). Il est très ami avec Jules Jouy, compose beaucoup de musique pour Maurice Boukay dont celles publiées dans le livre Chansons rouges (Flammarion-1896)

 Chansons rouges, 1896, Flammarion, texte de M. Boukay/illustration Théophile Alexandre Steinlen

  1. Chanson de Misère
  2. Chanson du Rémouleur
  3. Chanson de l’Oubli
  4. Chanson de l’Aiguille
  5. La Forêt rouge
  6. La Vigne rouge
  7. La Cité rouge
  8. Le Moulin rouge
  9. Noël rouge
  10. La Voleuse
  11. Les quatre Dames
  12. La Chanson du pauvre chanteur
  13. L’Agonie de l’Artiste
  14. Nocturne rouge
  15. Aubade rouge
  16. Fermez la porte
  17. En face
  18. Les Ventres
  19. Chanson de Nature
  20. Le Mot passé
  21. La Dernière Bastille
  22. La Chanson du Laboureur
  23. Le Lys rouge
  24. Les Chardons
  25. Les Pissenlits
  26. Chanson des Maréchaux
  27. Et puis après
  28. Le roi Plutus
  29. L’Homme de bronze
  30. Tu t’en iras les pieds devant
  31. La Madeleine
  32. La Femme libre
  33. Le Coq rouge
  34. Reine du Monde
  35. L’Étoile rouge
  36. Le Soleil rouge

 

Maurice BOUKAY CHANTS PATRIOTIQUES

Avec le compositeur René de Buxeuil, il rédigera les Chansons de France qui mettent en valeur, en particulier, l'action des poilus pendant la grande guerre. Sa chanson sera vendue au profit exclusif des poilus lors de la "journée du poilu"

 

 

.

On l'aura compris, Charles- Maurice était un homme complexe aux multiples compétences. Nous pourrions ajouter aussi son action en faveur des  femmes.

Pour conclure il nous fallait un document de synthèse qui résume sa vie et son action: Charlotte Couyba, sa fille,artiste peintre, rédigera un portrait de son père qui sera publié en 1958 dans l'Annuaire de la société historique et archéologique du 14 ème arrondissement de Paris. La Bibliothèque historique de Paris a bien voulu, exceptionnellement, me faire parvenir copie de ce texte, ce dont je la remercie très sincèrement.

Les "barrières d'enfer" et les deux octrois..

 

Square de la gare de Sceaux

Portrait de Proudhon par Nadar.

Léon Daudet, par Nadar vers 1930.

Ce nationaliste de l'Action Française intrigua pour que les pleins pouvoirs soient donnés au Maréchal Pétain.

 

 

 

Magnifique illustration de Steinlen pour "Tu t'en iras les pieds devant"

Ci dessus portrait d'Yvette GUILBERT par Toulouse Lautrec et ci dessous photo de l'artiste qui venait répéter ses chansons chez Maurice Boukay rue des Saint Pères.

Bâtonnier Ernest Cresson, par Dalou.

 

 

Paris, Place de la Nation

 

Souvenir d'enfance de Charlotte: la chasse aux alouettes en Haute Saône.

 

 

Charlotte COUYBA, auteure du texte, est décédée en 1988.

Annonce du décès de Charles COUYBA dans un grand quotidien régional. Le rédacteur a malheureusement confondu Haute Saône avec Haute Savoie!

Annonce de l'implantation de la plaque commémorative sur le 20 rue Emile Cresson

Peu de personnages publics Haut Saônois ont eu un tel "double parcours". "Charles et Maurice" auront été deux frères siamois dont l'un vivait le jour en s'impliquant dans la politique culturelle et sociale de son pays et l'autre, artiste noctambule, qui rédigeait des poèmes, des livrets d'opéra et fréquentait les chansonniers montmartrois.
Un jour prochain peut-être, la ville de Dampierre lui rendra hommage en faisant revivre  ses chansons lors d'un concert avec des chansonniers...?

 

Patrick Mathie Février 2017

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