DAMPIERRE SUR SALON PATRIE DE CHARLES COUYBA ET DE MAURICE BOUKAY.

Publié le par Patrick Mathie

Dampierre, bâtie sur la rivière Salon,a toujours eu une vocation métallurgique,

Un moulin et un haut fourneau sont mentionnés en 1661. Au milieu du 18 ème siècle il produit 500 à 600 milliers de fonte par an et 900 milliers en 1788. ( 1 millier=1000 livres=489.51kg).Claude François Rochet l'exploite de 1770 à 1789 et fait construire une demeure patronale au centre du village vers 1785.La société Dufournel le rachète. Il est arrêté en 1862, puis détruit avant 1889. La famille Waltefaugle rachète le site pour y établir une fabrique de quincaillerie puis de charpentes métalliques. L'entreprise employait 200 personnes en 2008. 

Plan de l'implantation du Haut fourneau de Dampierre sur Salon

Roue à aubes de l'usine Walterfaugle

Charles Couyba est élu maire de Dampierre de 1904 à 1919

Près de la poste actuelle a été érigée la statue de celui qui fut non seulement premier magistrat de la ville, mais aussi Conseiller Général, Député et sénateur de la Haute Saône, Ministre deux fois, Président de la SACEM et enfin Directeur de l'Ecole Nationale des Arts Décoratifs. Enfin?...non! Charles Couyba était aussi un artiste ; poète et chansonnier.Sous le nom de Maurice Boukay ( anagramme de Couyba) il écrivit des poèmes, des chansons, des opéras. Il fréquentait le "Chat Noir" à Montmartre.Ses amis étaient Verlaine, Sully Prud'homme, le compositeur Massenet...

Il est un peu le précurseur de ce Dampierre aux deux visages qui allie maisons anciennes et immeuble ultra moderne en métal et en verre, planté au milieu du village entre l'église et le Salon.

Nous essaierons de voir qui était ce personnage qui menait de front une vie politique et une activité artistique parisienne...

1 LA MAISON COUYBA.

Charles Couyba est né à Dampierre sur Salon, le 1er janvier 1866, dans l'Hôtel du Soleil d'Or situé à l'intersection de la rue principale et de la route conduisant à Seveux.

Sa mère acheta la maison des maîtres de forges lorsqu'il devint Maire en 1909.

La maison, site classé en 1993, est en cours de restauration. Les journées du patrimoine sont l'occasion idéale pour la visiter et faire un retour aux XVIII ème et XIX èmes siècles.

Les photos que j'ai prises à l'automne 2017 sont publiées avec l'autorisation de Monsieur le Maire de Dampierre que je remercie bien sincèrement.

A l'origine, la cuisine n'était  pas située dans le corps de logis, mais dans les communs à l'extérieur. La pièce servait à déposer les plats en attendant qu'ils soient apportés à la salle à manger.

 

Bouteilles de vin BOUDOT maison fondée en 1878

La porte de la "cuisine" donne accès à la salle à manger, de même que deux portes donnant sur l'entrée..

statue de Bacchus, dieu du vin

Les trumeaux, au dessus des portes symbolisent les saisons...

Les portes fenêtres ouvrent sur le jardin. Les teintes bleu pastel s'harmonisent avec le sol en dalles de pierre blanches et bleues extraites dans la région. L'ensemble est reposant.

La porte, au fond à droite, permet d'accéder à une chambre ...

Les initiales entrelacées du premier propriétaire: C.F.R. (Claude François Roblet) figurent au dessus de l'alcôve principale.

La chambre du maître de maison a été agrandie par une deuxième alcôve. Le corps du fourneau qui a remplacé la cheminée a été agrémenté par un décor "lierre" spiralé peint par Charlotte Couyba...

Des collages et découpages religieux, sous demi sphère, sont aussi l'oeuvre de l'artiste, ici la Vierge et l'enfant Jésus

Le papier peint représente des scènes champêtres, dites "scènes de genre" du XVIII ème siècle, dans le style des toiles de Jouy.

Concession à la modernité, une baignoire et un lavabo ont été installés dans l'antichambre...

Le salon offre une grande originalité par son décor fait de doubles colonnes supportant un chapiteau ovoïde. La cheminée, massive (!), a été dessinée par un architecte local. Le parquet à la française, style Versailles, contraste par ses lignes droites et angulaires avec le chapiteau tout en courbe du plafond. Les murs sont peints en trompe l'oeil. Charlotte Couyba a été sensible à cette architecture d'intérieur puisqu'elle en a fait un tableau.

A l'étage, la chambre de Madame et le bureau de Charles COUYBA

Les ferronneries  réalisées par un artisan local sont d'excellente facture.

Sur le bureau, une statuette représentant Charles Couyba, datée de 1907

Le gouvernement Joseph Caillaux en 1911. Charles Couyba ( 1er à gauche à l'avant dernier rang) y est Ministre du commerce et de l'industrie. 

Sur le fauteuil est posé un cadre présentant le "double" de Charles: Maurice BOUKAY

La chambre de la maîtresse de maison qui ouvre sur son vestiaire ainsi que sur l'alcôve de sa femme de chambre....

...le cabinet de toilette a été modernisé!

il est à noter que les portes suivent la courbure de la pièce et sont elles mêmes incurvées

Le petit salon réservé à la propriétaire. Des tableaux de Charlotte y sont exposés ainsi que des oeuvres d'artistes locaux représentant Dampierre .

Quatre toiles de Charlotte COUYBA.

Dédicace en bas à droite: " A Monsieur le sénateur Couyba, avec mes respectueux hommages". Signé: E.Weber. La toile représente le carrefour et l'Hotel du Soleil d'Or appartenant aux parents de Charles.

Le pont sur le Salon. Tableau signé Jean Baptiste Maître, 1899

Lavandières au bord du Salon à proximité du pont ( au niveau de l'actuel hôtel).

à suivre....

Le grenier offre quelques découvertes...

Si la toiture a été refaite, la charpente, majestueuse a été conservée. Les conduits de cheminée créent un graphisme particulier sur les murs. Des graffitis  ont été tracés au fusain.

Les murs du grenier auront sans doute constitué un "terrain d'expression libre" pour la jeune Charlotte Couyba à qui ces dessins peuvent être attribués.

Le sol est recouvert de tomettes d'argile cuite afin d'assurer l'étanchéité et de protéger ainsi les plafonds du premier étage des infiltrations d'eau ou de neige. Le grenier pourrait avoir hébergé des poules ( volailles)!

Certaines d'entre elles portent des marques laissées intentionnellement par l'homme ou involontairement par des animaux ( ici un chien?) pendant leur séchage, il y a plus de 230 ans!

Par les lucarnes du grenier on a une vue presque panoramique sur les toits du village de Dampierre et sur l'immeuble de verre omniprésent....

Un bâtiment aux multiples facettes

Le jardin terrasse a été aménagé au dessus des immenses caves soutenues par de solides piliers et des voûtes d'arêtes. Elles servaient à entreposer le bois de chauffage et les victuailles. On pouvait y rentrer; depuis la rue en contrebas, avec une charrette à cheval. Un escalier extérieur permettait de la relier aux cuisines situées dans la dépendance de droite. La cave est occupée aujourd'hui par une association de gemmologie qui présente une remarquable collection de minéraux et de fossiles.

La visite est terminée pour aujourd'hui! Merci au guide!

à suivre: La "double vie" de Charles Couyba.....

2 Charles COUYBA

Charles COUYBA est né le 1er janvier 1866, à DAMPIERRE SUR SALON

Des biographes le font naître alors que ses parents tenaient l'Hôtel du Soleil d'Or, mais son acte de naissance indique que son père Claude Charles Hippolyte Couyba, 21 ans, est boulanger et que sa mère Emilie Vielle, de Ray sur Saône,  est âgée de 18 ans. 

Etat civil de Ray sur Saône 1865. Mariage de Claude Charles Hippolyte Couyba et d'Emilie Vielle 18 ans.

Dampierre sur Salon. L'hôtel du Soleil d'Or appartiendra aux parents de Charles Couyba, puis il sera vendu à la famille Coupette.

Au cours de sa carrière politique,Charles ajoutera, de lui même, un deuxième prénom absent sur l'Etat Civil: Maurice,. Paraphrasant Victor Hugo  on pourrait dire: "Déjà Boukay pointait sous Couyba"!  Le fait qu'il ait été le premier inscrit sur la liste des naissances de 1866 augurait d'un avenir plein de réussite...ce fut le cas!

à suivre....

 

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