VAUCONCOURT-NERVEZAIN, UN VILLAGE AUTREFOIS BIEN PEUPLE

Publié le par Patrick Mathie

Vauconcourt le 1er septembre 2017. 20h. Salle de réunion de la Mairie.

A l'initiative du groupe "LES AMIS DU VIEUX MOREY ET DES ENVIRONS" un nombreux public était présent pour assister à deux conférences :

-MEMOIRE DU PASSE à VAUCONCOURT- NERVEZAIN, par Gustave MUNIER.

-LES VIEUX METIERS DISPARUS DE NOS CAMPAGNES, par Roland GROSPERRIN.

 

MEMOIRE DU PASSE à VAUCONCOURT- NERVEZAIN.

Gustave MUNIER, ancien Maire de Vauconcourt, est féru de généalogie. Sa curiosité historique s'est portée sur le passé de son village en effectuant, pendant plusieurs années, des recherches dans la commune, aux Archives Départementales à Vesoul et aux Archives diocésaines de Besançon. Un livre de 260 pages qui vient de sortir constitue le point d'orgue de ses recherches et de son travail de rédaction. C'est aussi un document fixant la Mémoire d'un passé local qu'il souhaite préserver et transmettre.

" Monsieur Gérard Delaître nous a passionnés dans son livre sur la Seigneurie. Je n'ai aucune prétention à vouloir continuer son oeuvre".

"Ce qui vous est proposé dans cet opuscule, c'est ma curiosité et les découvertes sur notre village, principalement aux 18ème et 19ème siècles..."

" Certains habitants de Vauconcourt pourraient nous raconter quelques histoires ou anecdotes sur notre village...combien seront ils dans quelques années à pouvoir nous parler de la vie d'autrefois?"

"Je vous souhaite d'être aussi passionnés que moi par l'historique des bâtiments communaux et certains immeubles tels la boucherie, la maison d'étape des régiments de soldats en déplacement ainsi que par les archives notariales".

                           Gustave Munier

 

 

 

 

Gustave nous apprend que la  population de Vauconcourt et de Nervezain a fluctué au cours des siècles. En 1791 on dénombrait respectivement 514 habitants à Vauconcourt et 117 à Nervezain alors indépendants l'un de l'autre; en 1831: 709 et 104; en 2016: 230 habitants sur les deux communes dont la fusion remonte aux années 1970 après une tentative avortée en 1942.

Le LAVOIR situé derrière la mairie servait également d'abreuvoir aux animaux de ferme. Il a malheureusement disparu. Seuls quelques vestiges sont encore visibles sur la place derrière la mairie!

Le PRESBYTERE a appartenu à l'abbaye de CHERLIEU. En 1791 il a été vendu au Recteur d'Ecole (instituteur) comme bien national.

L'EGLISE.  En 1863 le curé de Vauconcourt  écrit au vicaire général du diocèse de Besançon à propos des travaux qu'il y aurait lieu de faire à l'église. Il dénigre quelque peu le conseil municipal et en particulier le maire et "son ami Gaudinot":

" Quant aux dispositions du conseil municipal, on peut dire qu'elles ne sont pas très favorables, surtout, comme d'habitude, de la part du maire et de son secrétaire Gaudinot, ex-instituteur, qui a toujours fait et fera toujours une vive opposition, toutes les fois qu'il est question des affaires d'église".

Il veut démontrer aussi que l'exercice de son ministère n'est pas facile à Vauconcourt et que la cause essentielle en est l'insuffisante capacité de l'église  :

"De graves inconvénients se renouvellent tous les dimanches à l'office divin. Un bon nombre de mes petits garçons sont obligés, à raison de l'exiguïté du choeur actuel, de se regrouper autour de l'autel, durant tout le temps des offices et les autres se mettent dans les bancs ou restent sous les cloches. En second lieu, tous nos gens  savent parfaitement qu'il y a un déficit de 70 à 80 places dans notre église et que, partant, beaucoup de personnes ne viennent pas à la messe, parce qu'elles n'ont pas de bancs à leur disposition."

"Il m'est déjà revenu qu'un des motifs de refus de la part de Monsieur Joyandet et de son inséparable ami Gaudinot, sera, par exemple l'acquisition d'un nouveau cimetière..."

Gustave évoque ensuite la demande d'un création d'un bureau de Poste, la maison "La Prantinière" propriété du Comte d'Orsay, la mise à disposition d'une maison permettant aux régiments de faire étape dans la commune (généralement une trentaine d'officiers et de sous officiers et une centaine d'hommes de troupes!), le Château, la construction du monument aux morts qui dura trois ans...

Exposé passionnant qui trouvera son prolongement dans le livre dont on peut faire l'acquisition auprès de l'Auteur ou du Trésorier des Amis du Vieux Morey:

Didier ou Christine LAURENT à Volon.

LES VIEUX METIERS DISPARUS DE NOS CAMPAGNES

Roland GROSPERRIN, a passé son enfance  dans le quartier de la Belle de Mai à Marseille puis a été instituteur en Haute Saône.  Il s'est intéressé au quotidien des ruraux qu'il côtoyait journellement. Il met sa faconde méridionale au service de la transmission des connaissances qu'il a su collationner auprès des Hauts Saônois, tout au long de sa carrière de "magister", connaissances qu'il continue à accroître  et à partager au cours de sa retraite.

 

 

 

 

 

 

 

Roland GROSPERRIN

 

 

 

Le SONNEUR: 3 fois par jour il sonne les cloches de l'Eglise pour appeler aux angélus quotidiens. "Il s'envoie en l'air avec la cloche!"

L'APPARITEUR: il annonce, dans les différents quartiers du village, les nouvelles que lui transmet Monsieur le Maire . Ce peut être l'annonce d'une fête, de la venue du percepteur, de travaux, de rappels au règlement communal... Son intervention commence inévitablement par " Avisse à la population!" après le roulement de tambour réglementaire.

Le CANTONNIER: les rues du villages sont généralement en terre ou recouverte de caillasse. Les roues des charrettes laissent de profonds sillons. Son rôle consiste à réparer la chaussée, à entretenir les lavoirs et abreuvoirs. En hiver il doit également déneiger et casser la glace ( les hivers étaient rudes autrefois!)....

Le CAFE. C'est le lieu où se retrouvent principalement les hommes en fin d'après midi. On y boit du vin ou de la gnôle en discutant de choses et d'autres. Les femmes y viennent quelquefois le dimanche et à l'occasion de la fête du village.

 L'EPICERIE

Si le café est le lieu privilégié de rencontre des hommes, l'épicerie est fréquentée par les femmes. Une ménagère veut elle acheter de l'huile, du vinaigre,  ou d'autres denrées?... elle ne doit pas oublier d'apporter  son contenant ( bouteilles ou sacs) car beaucoup de produits sont proposés en vrac! C'est dans ce lieu où l'on trouve tout, du cirage à la lessive en passant par les lacets ou les bougies...  que s'échangent et se colportent tous les ragots du village!

Roland tend ensuite son micro vers le public pour recueillir les souvenirs que son exposé fait resurgir chez des spectateurs. "Je me souviens très bien que..."

Le VENDEUR DE CAFE

La société - AU PLANTEUR DE CAIFFA- est fondée en 1890 par Michel Cahen et sa femme. Au départ simple torréfacteur, vendant toute une gamme de café dans son magasin, Michel Cahen transforme son magasin en épicerie. Il ouvre alors un deuxième puis un troisième magasin et de nombreux autres en province, tout en restant spécialiste du café .

Dans la France encore très majoritairement rurale de la fin du 19 ème siècle et du début du 20e, il est important d'aller chez l'habitant. De nombreuses succursales sont créées (on en comptera plus de 400 juste avant la Seconde Guerre mondiale) dans toutes les villes et les gros bourgs. Ces magasins servent à irriguer les campagnes. De nombreux colporteurs iront de ferme en ferme proposer les produits de la société. À pied avec des poussettes à bras, à vélo en triporteur, avec des voiturettes tirées par des chiens, un cheval ou un âne, ces milliers de colporteurs font très vite partie du paysage rural français. Le « Caïffa » comme on l'appelle, avec son uniforme vert-bouteille et sa casquette portant le nom de la maison devient aussi populaire que le facteur. Le caisson qu'il trimbale d'environ 1/2 mètre cube aux roues cerclées de fer qui tintent sur les pavés disjoints est peint aux armes du «Planteur de Caïffa». Il propose aux ménagères café, épices, levures, farines et différentes spécialités vendues directement sous la marque « Caïffa ». Le métier de colporteur, rémunéré en fonction des ventes, est peu rentable et épuisant. Souvent exténué, parcourant les chemins quel que soit le temps, il trouve souvent refuge le soir chez un fermier généreux et apitoyé qui l'héberge dans sa grange.

 

Le MARCHAND DE PEAUX DE LAPINS

A la campagne la plupart des gens élèvent et consomment du lapin. Les peaux retournées sont séchées sur des triangles à ressorts en ferraille qui les maintiennent tendues pendant le séchage. Périodiquement, le marchand de peau de lapin passe avec sa charrette ou avec son vélo. Il s'annonce en criant "Peaux d'lapin...peaux d'lapin, peaux pôôôô..!" Les peaux rigides, pliées en deux sur la charrette ou le guidon du vélo seront ensuite revendues à des grossistes auprès desquels les  fabricants de manteaux ou d'autres effets vestimentaires viendront s'approvisionner.

L'évocation du COLPORTEUR,de l'ETALONNIER, du MARECHAL FERRANT, du FORGERON, du RETAMEUR, du MATELASSIER  fait "re-vivre" à l'assistance le temps d'un monde révolu mais qui ne manquait pas d'intérêt malgré la dureté de l'existence à la campagne

Une soirée très réussie, pleine d'enseignements, qui se termine par la dédicace des livres de Gustave Munier et d'Evelyne JOLY et par le pot amical offert par le conseil municipal et  son Maire, Dimitri DOUSSOT.

Patrick MATHIE 2.09.2017

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