LE HAUT FOURNEAU DE MONTUREUX LES GRAY

Publié le par Patrick Mathie

En passant sur la route départementale 70 de Gray à Combeaufontaine   (autrefois route royale) on traverse un village  dont on remarque l'église et le lavoir: Montureux les Gray. Juste avant la sortie en direction de Dampierre sur Salon, sur la droite, on peut voir un petit canal  ( la raie du fourneau, résultant du détournement du cours de la Duy) fermé par une vanne et, en contrebas un bâtiment que l'on pense être un ancien moulin à farine. En fait il s'agit d'un ancien complexe industriel dont l'activité se déployait autour d'un Haut Fourneau...

La consultation des Archives du Patrimoine de Bourgogne Franche Comté nous apprend que le chemin départemental n°70 passe sur l'emplacement de l'ancien étang de retenue qui alimentait la roue à aube du moulin  puis une turbine verticale.

On voit , sur le plan ci dessus, que l'eau canalisée alimentait la roue qui faisait tourner un "patouillet" dans lequel le minerai de fer était lavé, débarrassé de la terre et concassé avant d'être conduit au Haut fourneau. Un deuxième canal permettait d'alimenter une deuxième roue à aubes à proximité du haut fourneau.

 

Le haut fourneau est établi en 1682 par la famille Jobelot de Montureux, également propriétaire au 18e siècle de la forge de Roche-et-Raucourt (70) et du fourneau de Farincourt (52). Sa production est de 300 à 350 t de fonte en 1731, contre 600 t en 1772. Il est vendu en 1769 au maître de forges Jérôme Coubladoz, qui en était locataire, et qui fait construire à cette époque le logement patronal. Vers 1799, le haut fourneau est acquis par la famille Falatieu pour approvisionner en fonte leur usine de fer-blanc de Bains-les-Bains (88). La production passe d'environ 400 t en 1788 à 300 t en 1811. Reconstruit dans la première moitié du 19e siècle, le haut fourneau reste la propriété des Falatieu jusqu'à son extinction en 1860. La présence d'une turbine hydraulique sur l'ancien bief du lavoir à minerai atteste une activité vraisemblablement artisanale à la fin du 19e ou au début du 20e siècle. Privé de sa halle de coulée, le haut fourneau subsiste, envahi par la végétation. Installation en 1837 d'une machine à vapeur d'appoint de 6 ch, dont les deux chaudières sont chauffées par les gaz du gueulard. Elles sont remplacées en 1844 par des chaudières fabriquées chez le constructeur Marland, à Gray (étudié IA00076886). Une turbine à axe horizontale est encore en place en 2008. Le haut fourneau emploie 60 personnes (internes et externes) en 1788, et 12 (internes) en 1847.

 Le bâtiment de la turbine et la maison du Directeur.Photo Patrimoine Bourgogne-Franche Comté

La maison du directeur et le Haut fourneau en 1989. Photo Patrimoine Bourgogne Franche Comté.

 

Pour fabriquer de la fonte ou du fer dans les hauts fourneaux il faut remplir 3 conditions de base:

- pouvoir extraire du minerai de fer ( nombreuses veines de fer)

- avoir de l'eau courante (lavage du minerai et force hydraulique)

- exploiter du bois ( chauffage)

"La future Haute-Saône est de loin le secteur le plus productif. Le minerai pisolitique y est abondant, il s'y exploite facilement. La fonte est faite au bois que l'on surexploite. Les lavoirs à mine, patouillets, fourneaux, forges et martinets sont animés  souvent de façon saisonnière  par les nombreux cours d'eau.

Depuis le bas-fourneau où le forgeron des premiers siècles réduisait directement le minerai pour en tirer le fer, la sidérurgie comtoise a évolué progressivement.

Au 15e siècle apparaît le procédé indirect d'obtention du fer dans les hauts-fourneaux.

A partir du 17e siècle, la méthode d'affinage des maîtres de forges comtois devient la plus employée en France.

Pendant à peu près un siècle, de 1750 à 1850, la sidérurgie locale connaît son apogée, en 1789, la Franche-Comté occupe le second rang parmi les provinces françaises pour la production de fonte (17 000 t) comme pour celle du fer         (1 0000 t), soit 17% de la fonte et 15% du fer élaborés dans le royaume. La Champagne tient le premier rang pour la fonte (19 500t) et la Lorraine pour le fer (11 500 t), (LASSUS, 1980). De 1820 à 1830, la Haute-Saône concurrence la Haute Marne pour le premier rang des départements producteurs." 

ref: www.researchgate.net/

Minerai de fer en billes "pisolitique".

Haut fourneau de Montureux. Embrasure de coulée 1989. Photo Patrimoine Bourgogne Franche Comté.

L'activité des hauts fourneaux des Haute Saône va évoluer dans le temps:

1700: 24 fours

1800: 35

1850: 23

1905: 1 à Valay, dernier bastion Haut Saônois de la fonderie!

Les réserves de minerai de fer en Haute Saône ne sont pas négligeables. Qui sait si, un jour, les activités liées à ce minerai ne se relèveront pas de leurs cendres? ....

 

SUR LE SITE: http://matthias007.chez-alice.fr/pages/5.html

On peut apprendre que Montureux :

-abritait la  tuilerie Janicot qui produisait 150 000 pièces par an.

- l'église et le lavoir sont remarquables

- le château a accueilli le célèbre philosophe VOLTAIRE pendant la belle saison...

Patrick Mathie 1.09.2017

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