LA DAME D’ARGILLIERES REÇOIT UNE SINGULIERE VISITE….

Publié le par Histoires de Villages

 

 

 

Catherine Martin, veuve de Monsieur d’Argillières, gère, avec son fils Antoine, les affaires du château en cet hiver 1754.

 

Ce soir- là, il fait froid et le vent fait rage quand se présente à la grille du château un groupe de personnes fort élégantes et dont l’attelage prouve la bonne lignée. Faisant la route de Langres à Gray ils furent surpris par la nuit et le mauvais temps et venaient quérir quelque abri avant de poursuivre leur route.

 

Madame d’Argillières reçoit l’équipage avec courtoisie et l'invite à dîner et  à passer la nuit au château .

Le dîner en compagnie du chevalier Antoine d’Argillières, son fils, est particulièrement chaleureux.

L'un des hôtes impromptus n’est pas n’importe qui. Il s’agit du baron Manderini, ambassadeur extraordinaire de sa majesté très chrétienne auprès du duc de Savoie chargé d’importantes dépêches pour la citadelle de Besançon. C’est un homme courtois, bien élevé, d’une aimable simplicité qui parle des hauts personnages en renom qu’il côtoie quotidiennement. La châtelaine et son fils sont conquis. Ils font bonne chère et servent leurs meilleurs vins, buvant à la santé de sa Majesté Louis le bien aimé (Louis XV).

Au dessert, ils étaient devenus les meilleurs amis du monde. C’est tard dans la soirée qu’ils se séparèrent pour aller dormir.

Dès l’aube le lendemain, la dame et le baron d’Argillières sont réveillés par le pas des chevaux et le fracas des armes devant la grande porte du château. Les archers de la maréchaussée de Langres sont là, à la recherche d’un brigand de haut vol, dont le récit des  méfaits commençait à se répandre dans la province et au-delà.

On court à la chambre de Monsieur de Manderini, elle est vide.

Sur la table, se trouvait un mot de remerciement pour ses hôtes et leur hospitalité et à côté avait été déposé une jolie dentelle d’un assez grand prix en cadeau.

L’hôte avait fui, averti des recherches dont il était l’objet et de l’arrivée prochaine de la maréchaussée.

Il finira cependant par être arrêté à Valence et  sera roué vif et exécuté le 26 mai 1755, il se présente nu en chemise, la corde au col, il porte un écriteau sur lequel il y a écrit en gros caractères "Chef des contrebandiers, criminels de lèse-majesté, assassin, voleurs et perturbateurs du repos public."

 

Vous l’avez reconnu, le visiteur du château d’Argillières n’est autre que le célèbre Mandrin.

 

Evelyne JOLY (2011)

 

Château d'Argillières

QUI ETAIT DONC Louis MANDRIN ?

Robin des bois pour le peuple, bandit à abattre pour les Autorités, Louis Mandrin est à la fin du XVIIIe siècle à la tête d’un réseau de contrebande. Ne s’attaquant qu’aux très impopulaires fermiers généraux, il reçoit le soutien de la population et l’admiration de Voltaire. Arrêté, il est exécuté à Valence le 26 mai 1755. Mort, Louis Mandrin devient une légende consacrée par une chanson « La complainte de Mandrin ». 

C'est à l'occasion de sa sixième campagne que Mandrin et sa troupe traversèrent la Franche Comté en décembre 1754 et passèrent donc par Argillières en Haute Saône....

1 Mandrin s'attaque aux fermiers généraux. 2 Mandrin contrebandier. 3 Exécution de Mandrin
1 Mandrin s'attaque aux fermiers généraux. 2 Mandrin contrebandier. 3 Exécution de Mandrin
1 Mandrin s'attaque aux fermiers généraux. 2 Mandrin contrebandier. 3 Exécution de Mandrin

1 Mandrin s'attaque aux fermiers généraux. 2 Mandrin contrebandier. 3 Exécution de Mandrin

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Brian 23/12/2016 06:03

J’apprécie votre style ! Vous parvenez aisément à attirer l’attention de vos lecteurs. C’est d’ailleurs pour cette raison que j’ai pris du plaisir à lire l’histoire de Madame d’Argillières. À bientôt !

Patrick Mathie 23/12/2016 10:08

Evelyne Joly sera heureuse de lire votre commentaire.